MaPrimeRénov’ arrête de financer le chauffe-eau solaire, une autre aide prend le relais 4 mois

Dès le 1er septembre 2026, votre chauffe-eau solaire perd son aide MaPrimeRénov'. Un décret et deux arrêtés publiés le 27 août au Journal officiel referment le parcours par geste sur les pompes à chaleur, tandis qu'une prime CEE renforcée prend le relais du solaire thermique, mais seulement jusqu'au 1er janvier 2027. Voici ce que cela change concrètement pour votre facture et votre projet.

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Ce qui change dès le 1er septembre pour votre chauffe-eau solaire

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 et deux arrêtés complémentaires, publiés le 27 août au Journal officiel, resserrent fortement le parcours par geste de MaPrimeRénov’. Ces textes s’appliquent à toutes les demandes de prime déposées à compter du 1er septembre 2026. Concrètement, si vous avez un devis signé et une demande en cours de dépôt, le calendrier compte plus que jamais.

Le solaire thermique sort du dispositif en France métropolitaine. Un chauffe-eau solaire individuel, un système solaire combiné, un dispositif solaire thermique ou des capteurs hybrides associant production d’électricité et d’eau chaude ne pourront plus obtenir de forfait autonome de MaPrimeRénov’. Il ne s’agit pas d’une baisse du montant de l’aide, mais de sa disparition pure et simple pour ce geste isolé. Jusqu’ici, selon votre revenu fiscal de référence, cette aide pouvait atteindre jusqu’à 4 000 euros pour les ménages très modestes, 3 000 euros pour les ménages modestes et 2 000 euros pour les ménages intermédiaires. Cette enveloppe disparaît pour toute demande déposée à partir du 1er septembre.

Une exception subsiste en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Mayotte et à La Réunion, où le chauffe-eau solaire reste éligible à MaPrimeRénov’ selon un barème spécifique à l’outre-mer. Le montant précis de cette prime pour les foyers ultramarins n’a pas pu être recoupé de façon indépendante au moment de la publication, nous y revenons dans la partie fact-checking.

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Pour un ménage qui envisage l’installation, cette suppression tombe à un moment où le prix d’un chauffe-eau solaire individuel reste conséquent, généralement entre 4 500 et 7 000 euros hors aides. Le calcul du reste à charge change donc radicalement selon que le dossier est déposé avant ou après le 31 août.

Le filet de sécurité, une prime CEE multipliée par 4 à 5, mais seulement quatre mois

C’est l’élément que la disparition du forfait MaPrimeRénov’ ne dit pas à elle seule : un second texte, l’arrêté du 17 août 2026 publié au Journal officiel n° 0196 du 23 août 2026, a été pensé en miroir de cette réforme pour éviter un trou d’air dans le financement du solaire thermique et du chauffe-eau thermodynamique.

Ce texte crée de nouvelles bonifications de certificats d’économies d’énergie sur les fiches BAR-TH-101, chauffe-eau solaire individuel en métropole, BAR-TH-148, chauffe-eau thermodynamique, BAR-TH-162, systèmes photovoltaïques et thermiques à circulation d’eau, et BAR-TH-168, dispositif solaire thermique. Il renforce également la bonification Coup de pouce Chauffage de la fiche BAR-TH-143, système solaire combiné. Concrètement, le volume de certificats d’économies d’énergie est multiplié par 5 pour un ménage aux revenus modestes et par 4 pour les autres foyers qui installent un équipement solaire thermique, et jusqu’à un coefficient de 7 pour les ménages modestes qui optent pour un chauffe-eau thermodynamique.

Cette bonification n’est ni automatique ni permanente. Elle est conditionnée à la décarbonation complète du système de chauffage ou de production d’eau chaude après travaux, ce qui exclut tout logement conservant un appoint fonctionnant au gaz ou au fioul. Elle ne s’applique qu’aux opérations engagées entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2027, soit une fenêtre de quatre mois seulement, la date de signature du devis faisant foi. Les dossiers ayant déjà fait l’objet d’une demande d’aide déposée avant le 1er septembre 2026 en sont exclus, sauf en cas de refus de l’Anah. Le texte prévoit aussi un contrôle renforcé, avec 20 % des chantiers vérifiés directement sur place et 30 % supplémentaires par contact, à partir du 1er septembre.

Sur le plan des montants, la mécanique reste indicative puisque la prime CEE dépend de la cotation du marché des certificats au moment de l’engagement des travaux, et non d’un barème fixe comme MaPrimeRénov’. Pour donner un ordre de grandeur, la prime de base d’un chauffe-eau thermodynamique repose sur un forfait de 14 700 kWh cumac. À la cotation observée en mai 2026, cette prime de base tournait autour de 130 euros, ce qui, avec le coefficient 4, donne environ 500 euros, et avec le coefficient 7 réservé aux ménages modestes, peut dépasser 1 500 euros. Le chauffe-eau solaire suit une logique comparable, avec un coefficient légèrement inférieur.

Ce que cela change concrètement sur votre facture, un cas type chiffré

Prenons l’exemple d’un ménage aux revenus très modestes qui installe un chauffe-eau solaire individuel pour un coût de 5 500 euros, une valeur médiane pour ce type d’équipement.

SituationMaPrimeRénov’Prime CEEAide totale estiméeReste à charge estimé
Dossier déposé avant le 1er septembre 2026Jusqu’à 4 000 eurosEnviron 100 à 300 eurosEnviron 4 100 à 4 300 eurosEnviron 1 200 à 1 400 euros
Travaux engagés entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 20270 euroBonifiée, coefficient 5, ordre de grandeur de plusieurs centaines d’eurosNettement inférieure au cumul précédentSensiblement plus élevé qu’avant la réforme
Travaux engagés après le 1er janvier 20270 euroPrime CEE classique, environ 100 à 300 eurosFaibleProche du prix plein de l’installation

Ce tableau illustre un mouvement clair. Même bonifiée, la prime CEE ne compense pas mécaniquement la disparition de MaPrimeRénov’ pour un ménage très modeste, qui perdait jusqu’ici l’aide la plus généreuse du dispositif. La fenêtre de quatre mois qui s’ouvre le 1er septembre constitue donc, dans les faits, la période la plus favorable pour engager un projet de chauffe-eau solaire avant un retour à une prime CEE standard, nettement plus modeste, à partir de 2027.

Les pompes à chaleur air/air toujours écartées de l’aide, même après la canicule

Le décret maintient l’éligibilité des pompes à chaleur autres qu’air/air. Les PAC air/eau, géothermiques ou solarothermiques restent donc subventionnées par MaPrimeRénov’, tandis que les pompes à chaleur air/air demeurent hors du périmètre de l’aide, comme c’était déjà le cas auparavant. Ces équipements, à la fois chauffage l’hiver et climatisation l’été, restent uniquement éligibles à la prime CEE via la fiche BAR-TH-129, sous réserve d’une puissance nominale inférieure ou égale à 12 kW et d’un coefficient de performance saisonnier d’au moins 3,9. Pour ce geste précis, la prime énergie reste la seule aide nationale mobilisable.

Cette exclusion mérite d’être interrogée à la lumière des épisodes de canicule traversés durant l’été 2026. Une PAC air/air réversible est souvent la solution la plus simple pour un logement chauffé par des convecteurs électriques et dépourvu de circuit d’eau, car elle évite la création d’un réseau hydraulique complet. Le maintien de son exclusion de MaPrimeRénov’ traduit une politique de rénovation encore construite autour du chauffage hivernal, alors que l’adaptation des logements au confort d’été devient un enjeu à part entière pour de nombreux ménages.

Isolation, ventilation et bois-énergie basculent aussi vers les CEE

Les forfaits disparaissent également pour l’isolation réalisée seule, les systèmes de ventilation, les chauffe-eau thermodynamiques et les équipements indépendants fonctionnant au bois ou à d’autres biomasses. Ces travaux restent éligibles, selon les cas, aux certificats d’économies d’énergie et à l’éco-prêt à taux zéro, qui reprend précisément les critères techniques des gestes retirés de MaPrimeRénov’. La nuance a son importance : un prêt à taux zéro doit être remboursé, il ne remplace donc pas économiquement une subvention.

Ces travaux restent en revanche pleinement finançables s’ils s’intègrent dans une rénovation d’ampleur, via le parcours accompagné de MaPrimeRénov’, dont les aides peuvent être nettement plus généreuses pour les ménages modestes.

Le parcours accompagné interdit désormais de conserver une chaudière fossile

La réforme durcit en parallèle les conditions du parcours accompagné. Dans une maison individuelle, les travaux ne devront plus conduire à installer ou à conserver un système de chauffage ou de production d’eau chaude intégrant un équipement susceptible de fonctionner avec un combustible fossile. Une rénovation globale qui maintiendrait une chaudière au gaz ou au fioul, même accompagnée d’importants travaux d’isolation, pourrait donc devenir inéligible. Les pompes à chaleur dotées d’un appoint fossile sont également concernées par cette exclusion. Seul le raccordement à un réseau de chaleur ou de froid urbain y échappe.

Les logements F et G gagnent un sursis jusqu’à fin 2027

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Le gouvernement prolonge jusqu’au 31 décembre 2027 l’accès des logements classés F ou G au parcours par geste, mais uniquement pour les quelques équipements qui y restent éligibles après la réforme. L’obligation de fournir un diagnostic de performance énergétique avant toute demande de prime par geste est elle-même repoussée au 1er janvier 2028, après avoir déjà été reportée à plusieurs reprises depuis son instauration initiale.


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