Électricité : ce village français couvre 90 % de ses besoins grâce à une rivière

Face à l'instabilité des coûts de l'énergie, le village de Gœulzin (Nord) a fait le pari de la production locale. En exploitant la force de son cours d'eau, cette localité couvre désormais la quasi-totalité de sa consommation électrique annuelle, selon les données transmises par la municipalité.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Résumé : 

  • Indépendance énergétique : Début 2023, la commune estimait que 90 % de ses besoins en électricité étaient couverts localement.
  • Solution technique : Une roue hydroélectrique de 100 000 kWh/an installée sur un ancien site de moulin.
  • Bénéfice financier : La facture d’électricité annuelle est passée de 85 000 € à une dépense réelle de 5 000 € à 6 000 €.
  • Investissement : Un projet de 150 000 € amorti par les économies de fonctionnement et des subventions.

Début 2023, ce bourg d’environ 1 000 habitants affichait un résultat marquant : 90 % de ses besoins en électricité étaient couverts par ses propres installations. Ce virage, amorcé dès 2014 pour anticiper l’inflation énergétique, repose sur une ressource historique du territoire : le potentiel hydraulique de la rivière locale, autrefois sollicitée par les moulins.

La force hydraulique au service du budget local

En 2020, une roue hydroélectrique a été installée sur le site d’un ancien moulin. Ce projet, qui a nécessité un investissement de 150 000 € (partiellement subventionné), produit aujourd’hui environ 100 000 kWh par an. L’énergie ainsi générée est utilisée pour l’éclairage public la nuit et les bâtiments communaux en journée.

Gaz renouvelable : la montée en puissance du biométhane dans nos territoires
Nouveaux projets éoliens en France : une étape clé pour la production d’électricité verte

L’impact financier est significatif. Le maire, Francis Fustin, rapporte que la facture d’électricité annuelle, initialement estimée à 85 000 €, a été ramenée à une dépense réelle comprise entre 5 000 € et 6 000 €. Cette économie de 80 000 €représente environ 10 % du budget global de la commune. Francis Fustin cite, parmi les exemples d’utilisation de ces fonds dégagés, l’entretien de la voirie, le remplacement de lampadaires ou l’acquisition de matériel informatique pour les écoles.

Une stratégie de planification accompagnée par l’ADEME

Le succès de Gœulzin illustre la pertinence d’une gestion énergétique adaptée aux spécificités géographiques. Pour structurer de tels projets, l’ADEME (Agence de la transition écologique) propose aux élus des outils méthodologiques, comme le Schéma Directeur des Énergies. Ce cadre permet de réaliser un diagnostic des ressources disponibles afin de définir une stratégie de mise en œuvre cohérente avec le terrain.

L’agence souligne également l’importance de la sobriété énergétique. Réduire la consommation initiale, notamment par l’isolation des bâtiments ou le passage aux LED pour l’éclairage public, constitue un levier de gestion complémentaire à la production d’énergie. Ces dispositifs visent à aider les collectivités qui souhaitent bâtir des solutions de production décentralisée.

Un modèle soutenu par l’opinion publique

Ces initiatives rencontrent un écho favorable au-delà des frontières du village. Selon une enquête Ipsos réalisée pour l’ADEME, 75 % des Français sont favorables au développement des énergies renouvelables. Dans les localités productrices, ces installations permettent de stabiliser les charges de fonctionnement sur le long terme. Lorsque la production est excédentaire, l’énergie peut être réinjectée dans le réseau national, complétant ainsi l’offre d’électricité décarbonée.

Solaire en France : ce que révèle la multiplication des projets locaux
Transition énergétique : l’IA comme outil d’appui au déploiement des énergies vertes

L’expérience menée dans le Nord démontre qu’une échelle locale peut apporter des réponses concrètes à des enjeux économiques. En valorisant une ressource de proximité, la municipalité a réduit de manière importante ses dépenses d’électricité.

Cette dynamique s’inscrit dans les trajectoires de transition énergétique visant à augmenter la part des sources renouvelables dans la consommation finale d’ici 2030, conformément aux orientations nationales portées par les pouvoirs publics et l’ADEME.


Vous aimez cet article ? Partagez !