Baisse de la TVA, arrêt du photovoltaïque : ce que le programme énergie du RN changerait pour les ménages

Une facture d'électricité allégée d'environ 130 euros par an pour un foyer moyen, mais un coup d'arrêt annoncé pour l'éolien et le photovoltaïque. À six mois de la présidentielle, le Rassemblement national a détaillé sa feuille de route énergétique devant la filière renouvelable. Pour les ménages, l'addition se joue sur trois terrains : la TVA, le prix du kWh et l'avenir du solaire.

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Si le programme énergie de Marine Le Pen était appliqué, la TVA sur l’électricité et le gaz passerait de 20 % à 5,5 %, ce qui ferait baisser mécaniquement la facture d’un foyer moyen de l’ordre de 12 %. En contrepartie, le parti propose d’arrêter le développement de l’éolien et du photovoltaïque en France, une orientation qui interroge directement les centaines de milliers de foyers qui équipent chaque année leur toiture.

Ces propositions ont été présentées le 29 septembre par Maxime Amblard, représentant du RN, au colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui recevait plusieurs candidats à la présidentielle prévue les 18 avril et 2 mai 2027.

Une stratégie bâtie sur le nucléaire et le prix du kWh

Le point de départ du RN est la dépendance de la France aux hydrocarbures, qui représentent encore environ 60 % du mix énergétique selon Maxime Amblard. Le parti affirme vouloir sortir des énergies fossiles et atteindre la neutralité carbone en 2050, mais en s’appuyant d’abord sur le nucléaire et les énergies dites pilotables : hydraulique, géothermie, biomasse, biogaz, solaire thermique et pompes à chaleur.

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Sa projection pour 2050 repose sur 60 % de nucléaire et 40 % de renouvelables, avec environ la moitié de la consommation énergétique assurée par l’électricité. Le levier choisi : rendre l’électricité moins chère pour que les ménages abandonnent d’eux-mêmes le fioul, le gaz ou l’essence, via un prix national régulé sur dix ans calculé sur les coûts de production français. Le parti revendique une logique d’incitation plutôt que d’obligation.

Combien la TVA à 5,5 % ferait gagner sur votre facture

C’est la mesure la plus tangible pour les ménages. Depuis le 1er août 2025, l’intégralité de la facture d’électricité est taxée à 20 %, abonnement compris, après l’alignement imposé par une décision de la Cour de justice de l’Union européenne. Le droit européen autorise bien un taux réduit sur l’électricité et le gaz : la mesure est donc juridiquement possible pour ces deux énergies.

Nous avons simulé l’effet d’un passage à 5,5 % sur trois profils, en partant de la facture de référence de la CRE au tarif réglementé depuis le 1er août 2026, soit 1 072 euros TTC par an pour 4,5 MWh consommés.

Profil de foyerFacture annuelle actuelle (TVA 20 %)Facture avec TVA 5,5 %Économie annuelle
Petit consommateur (studio, résidence secondaire)600 €528 €environ 72 €
Foyer moyen (4,5 MWh/an)1 072 €943 €environ 130 €
Maison chauffée à l’électricité2 300 €2 022 €environ 278 €

Ces chiffres supposent une répercussion intégrale de la baisse sur les prix. C’est précisément le point contesté par les gouvernements successifs, qui estiment qu’une partie des baisses de TVA est absorbée par les intermédiaires et que la mesure coûterait cher aux finances publiques.

Sur les carburants, l’obstacle est plus solide. La directive européenne sur la TVA ne permet pas d’appliquer un taux réduit à l’essence, au gazole ou au fioul, sans dérogation possible. Le RN a déjà évoqué une solution de repli combinant un taux intermédiaire et une baisse de l’accise, mais la TVA à 5,5 % ne pourrait pas s’appliquer telle quelle à la pompe.

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Maxime Amblard a appelé explicitement à arrêter le développement de l’éolien et du photovoltaïque, jugeant que la France dispose déjà de capacités suffisantes, qu’elle exporte beaucoup d’électricité et que vingt ans de soutien public à ces filières n’ont pas suffi à réduire la dépendance au pétrole et au gaz.

L’intervention ne précise pas si cet arrêt viserait aussi les installations résidentielles en autoconsommation, ni ce qu’il adviendrait des contrats d’achat déjà signés. Rien n’indique une remise en cause des installations existantes, mais la question n’a pas été tranchée publiquement. Le précédent de juin 2025 montre que le sujet n’est pas théorique : un amendement de moratoire sur l’éolien et le solaire, adopté en première lecture puis rejeté, aurait selon la CAPEB bloqué toute nouvelle installation, y compris domestique. L’enjeu est loin d’être marginal : plus de 226 000 installations résidentielles ont été posées en 2024 par plus de 5 000 entreprises artisanales.

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Cette orientation tranche avec la programmation énergétique publiée en février 2026, qui prévoit au contraire de tripler la puissance photovoltaïque installée d’ici 2035, et avec le SER, qui plaide pour un « bouclier énergétique » adossé aux renouvelables.

Les primes CEE aussi dans le viseur

Moins visible mais tout aussi concret : le RN veut revoir en profondeur les certificats d’économies d’énergie, voire les réintégrer au budget de l’État. Ce dispositif finance aujourd’hui une large part des primes versées aux ménages pour isoler un logement ou installer une pompe à chaleur. Il est payé par les fournisseurs d’énergie, qui en répercutent le coût sur les factures. Basculer ce financement vers le budget de l’État pourrait alléger les factures, mais rendrait le montant des primes dépendant des arbitrages budgétaires annuels.


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