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Si votre employeur met une borne à votre disposition, chaque kilowattheure pris au bureau est un kilowattheure que vous ne payez ni chez vous ni sur une borne publique. Pour un conducteur sans borne à domicile, l’écart peut approcher 800 euros par an selon notre simulation, et cet usage n’entraîne aucun avantage en nature jusqu’au 31 décembre 2027. Encore faut-il que le parking soit équipé, et les chiffres publiés cet été montrent un mouvement réel mais inégal.
Le parking du bureau, un lieu de recharge déjà central
L’Observatoire de la recharge du programme Advenir suit plus de 100 000 points subventionnés. Au deuxième trimestre 2026, il a enregistré 2,7 millions de sessions, en hausse de 9,7 % sur un trimestre, et 64,8 GWh délivrés, soit 12 % de plus. Chaque borne active a accueilli 19,3 sessions en juin 2026, contre 15,6 un an plus tôt.
Le monde professionnel domine ces usages, sur ce panel limité aux bornes aidées par Advenir.
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| Type de site (panel Advenir, cumul depuis 2016) | Part des sessions |
|---|---|
| Entreprises, bornes ouvertes au public (dont commerces) | 46 % |
| Entreprises, bornes privées | 28 % |
| Collectivités | 17 % |
| Résidentiel collectif | 8 % |

Une voiture reste branchée 6,8 heures en moyenne sur une borne privée d’entreprise, contre 2,9 heures sur une borne accessible au public. Le terrain idéal pour une recharge lente, pilotée et bon marché, sans puissance élevée.

Combien un salarié économise en rechargeant au travail
L’Urssaf est explicite : lorsqu’un employeur met une borne à disposition sur le lieu de travail, son utilisation à des fins personnelles ne constitue pas un avantage en nature jusqu’à fin 2027. Nous avons chiffré ce que cette recharge évite de payer pour un conducteur roulant 11 000 km par an à 18 kWh/100 km, soit environ 1 980 kWh, aux tarifs réglementés du 1er août 2026.
| Recharge remplacée par celle du bureau | Prix du kWh retenu | Économie si 50 % au bureau | Économie si 100 % au bureau |
|---|---|---|---|
| Domicile, heures creuses (TRV) | 0,1588 € | 157 € | 314 € |
| Domicile, option Base (TRV) | 0,2001 € | 198 € | 396 € |
| Borne publique AC (hypothèse) | 0,40 € | 396 € | 792 € |

Le gain est le plus fort pour les locataires et les habitants d’immeubles sans borne. Nuance : beaucoup d’employeurs facturent la recharge, et l’économie se réduit alors à l’écart entre leur tarif et le vôtre.
Votre employeur est-il obligé d’installer des bornes ?
Pas forcément. Depuis le 1er janvier 2025, le Code de la construction impose aux bâtiments non résidentiels existants de plus de 20 places au moins un point de recharge accessible PMR, puis un point par tranche de 20 places supplémentaires. Mais selon Service Public Entreprendre, cette obligation vise uniquement les bâtiments possédés et occupés par des entreprises de plus de 250 salariés dépassant 43 millions d’euros de bilan ou 50 millions de chiffre d’affaires. Une PME propriétaire de ses locaux y échappe. Les bâtiments neufs ou lourdement rénovés relèvent d’une règle de pré-équipement.
| Taille du parking | Bâtiment existant (grande entreprise propriétaire-occupante) | Coût estimé de mise en conformité | Bâtiment neuf ou rénové |
|---|---|---|---|
| 15 places | Aucune obligation | 0 € | 3 places pré-équipées, 1 point installé |
| 60 places | 3 points, dont 1 PMR | 4 500 à 6 000 € | 12 places pré-équipées, 1 point installé |
| 95 places | 4 points, dont 1 PMR | 6 000 à 8 000 € | 19 places pré-équipées, 1 point installé |
| 250 places | 12 points, dont 1 PMR | 18 000 à 24 000 € | 50 places pré-équipées, 2 points installés |
Le coût estimé reprend la fourchette de 1 500 à 2 000 euros par borne murale posée donnée par l’Avere-France, hors renforcement du raccordement.
Sans prime Advenir, les entreprises changent de calcul
C’est le tournant de 2026. La grille officielle d’Advenir ne prévoit plus de prime pour les bornes réservées aux flottes légères ou aux salariés sur parking privé, et les dernières primes sectorielles, destinées aux professionnels de l’automobile et aux loueurs courte durée, ont pris fin le 1er janvier 2026. Côté entreprises, seules les bornes pour poids lourds restent aidées, à hauteur de 50 %.
Le mouvement continue pourtant. Selon le Baromètre des Flottes et de la Mobilité 2026 d’Arval, mené auprès de 300 entreprises françaises, 55 % ont déjà installé des points de recharge sur site ou comptent le faire dans les douze mois. Mais 81 % citent encore au moins un frein lié à la recharge pour électrifier leurs voitures. Pour les grandes flottes, la pression est aussi fiscale : la taxe annuelle incitative fixe un objectif de 18 % de véhicules à faibles émissions en 2026, avec 4 000 euros par véhicule manquant, puis 5 000 euros en 2027 selon les spécialistes de la fiscalité automobile.
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Sans subvention, dimensionnement et pilotage deviennent décisifs. Pour un projet d’installation de bornes de recharge en entreprise, l’étude de la puissance disponible reste la première étape.
Un réseau public qui franchit un cap
Le réseau ouvert au public a franchi un cap historique avec 200 045 points de recharge fin juillet 2026, en hausse de 15 % sur un an, selon l’Avere-France. Les bornes installées dans des entreprises et ouvertes à tous y restent marginales : Gireve en recensait 6 979 fin janvier 2026, environ 4 % du total. La recharge au travail se joue surtout sur des bornes privées, invisibles dans ces baromètres. Enedis revendique 2,84 millions de points de charge raccordés, publics et privés confondus, pour plus de 2,7 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation fin mai 2026.

