Revolt.eco élargit sa plateforme aux installateurs de pompes à chaleur

Deux ans après son lancement sur le marché du photovoltaïque, Revolt.eco officialise son arrivée sur celui de la pompe à chaleur. La plateforme SaaS, qui revendique plus de 1 000 entreprises clientes actives chaque mois et 170 000 projets dimensionnés, propose désormais aux installateurs CVC un outil couvrant tout le cycle de vente, de la récupération automatique des données du logement jusqu'au calcul des aides et à la signature du devis.

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Une plateforme pensée pour le quotidien des installateurs

Fondée en 2024 par Guillaume Berson, Fabien Defouilhoux et Charles Gwinner, Revolt.eco part d’un constat simple : les installateurs d’énergies renouvelables passent trop de temps sur des tâches administratives et commerciales qui n’apportent rien au client final. Ressaisie des données de consommation, allers retours entre outil de dimensionnement et logiciel de devis, calcul manuel des aides, relances éparpillées entre messagerie et carnet de notes. La plateforme centralise l’ensemble du parcours dans une interface unique, de la prospection jusqu’à l’installation, avec un module d’intelligence artificielle chargé de la recommandation d’équipement.

Selon l’éditeur, cette digitalisation rend les professionnels jusqu’à quatre fois plus rapides dans la gestion de leurs processus et fait progresser leurs taux de conversion de plus de 30 %. Des chiffres communiqués par l’entreprise, qui s’expliquent par la nature du gisement adressé : sur des tâches encore largement manuelles dans une partie du secteur, l’automatisation produit mécaniquement des écarts élevés. Après deux ans d’activité, Revolt.eco affiche plus de 170 000 projets dimensionnés et plus de 1 000 entreprises clientes actives chaque mois, une base acquise historiquement sur le marché du solaire.

Pourquoi la pompe à chaleur maintenant

La diversification répond d’abord à une demande de la base clients. Une large majorité des installateurs équipés pour leur activité solaire exercent également une activité de génie climatique, et souhaitaient retrouver sur leurs projets PAC la même efficacité que sur leurs projets photovoltaïques. Travailler avec un outil pour le solaire et aucun pour la PAC crée une rupture évidente dans l’organisation d’une entreprise.

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Le couplage photovoltaïque et pompe à chaleur progresse par ailleurs nettement, porté par la complémentarité des deux solutions dans une logique d’électrification complète du logement. La corrélation n’est pas parfaite, puisque les besoins de chauffage culminent quand la production solaire est au plus bas, mais le bénéfice se joue sur l’eau chaude sanitaire, sur le rafraîchissement en Air/Air et sur l’équilibre annuel de la facture. Pour l’installateur, la logique est en revanche sans ambiguïté : porter les deux sujets dans une même visite constitue un avantage concurrentiel réel.

Le contexte réglementaire pousse dans la même direction. Le plan d’électrification des usages présenté en 2026 par le gouvernement vise 1 million de pompes à chaleur installées chaque année d’ici 2030, soit près du double du rythme actuel selon Revolt.eco. Un cap que Guillaume Berson juge freiné par deux obstacles structurels, le manque d’installateurs qualifiés et l’absence d’outils numériques adaptés au métier. Le dirigeant pointe aussi un problème rarement quantifié : une part significative des projets est abandonnée par les clients finaux faute de réactivité et de pédagogie suffisantes. Une proposition qui tarde, une explication technique mal calibrée, un reste à charge présenté de façon confuse, et le projet s’éteint. La diversification vers la PAC s’inscrit selon lui dans l’ambition d’« aider le passage à l’échelle de la transition énergétique ».

Ce que contient l’offre PAC

Étape du cycleFonctionnalité
Qualification du logementRécupération automatique des données du DPE (surface, enveloppe, classe énergétique) et des consommations réelles d’électricité via Linky et de gaz via Gazpar
DimensionnementCalcul des déperditions et recommandation automatique des équipements parmi plus de 1 000 références de PAC Air/Air et Air/Eau
Projection de performanceEstimation des gains énergétiques et du changement de classe DPE
Proposition commercialeGénération d’une offre CVC complète et pédagogique, portail client dédié, signature électronique
FinancementChiffrage automatique des travaux, calcul des aides (CEE, MaPrimeRénov’) et plan de financement détaillé, avec les organismes Domofinance et Ecair intégrés à l’outil
Suivi de chantierRelevés terrain personnalisables, vues CRM dédiées et notifications de relance, via le module Revolt Pro

Le dimensionnement repose sur le calcul des déperditions, mais disposer en parallèle des consommations réelles permet de confronter le résultat théorique au comportement effectif du bâtiment. Un recoupement utile sur un marché où le surdimensionnement reste fréquent, avec à la clé des cycles courts, une usure prématurée du compresseur et des performances dégradées. Le volet aides est tout aussi structurant : entre CEE et MaPrimeRénov’, dont les barèmes évoluent régulièrement, le calcul manuel du reste à charge est une source d’erreurs classique et un facteur de perte de confiance quand le montant annoncé en visite ne correspond pas au montant final.

Vincent Liagre, directeur technique, indique que l’offre représente un an de R&D en interne, avec une confrontation systématique des modèles aux retours de terrain des installateurs et à l’expertise de thermiciens. L’enjeu est réel : un modèle de déperditions peut être correct sur le papier et produire des recommandations difficiles à appliquer sur un bâti ancien ou un réseau de distribution existant.

Ce que cela change pour les installateurs

Revolt.eco met en avant quatre apports : un gain de temps sur l’ensemble du cycle, de l’étude thermique à la signature du devis, une fiabilité renforcée par l’automatisation des données et des calculs d’aides, un couplage facilité entre photovoltaïque et pompe à chaleur, et un repositionnement du professionnel en conseiller énergétique plutôt qu’en simple technicien.

C’est ce dernier point qui pèse le plus lourd économiquement. Un installateur capable d’arriver chez un particulier avec une lecture complète de son profil énergétique, une proposition chiffrée sur deux technologies et un plan de financement lisible ne vend pas la même chose qu’un concurrent qui repart avec des notes sur un carnet.

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Au delà du cas Revolt.eco, cette annonce illustre une recomposition du marché résidentiel. Les frontières entre métiers, l’électricien qui pose du solaire d’un côté, le chauffagiste qui installe des PAC de l’autre, s’estompent au profit d’entreprises multi-technologies qui traitent le logement comme un système. Reste que l’outil ne résout pas directement le déficit d’installateurs qualifiés. L’entreprise peut objecter qu’un professionnel plus rapide absorbe davantage de chantiers, ce qui est recevable, mais le temps administratif se comprime, pas le temps de pose ni celui de la mise en service. Le million de PAC annuelles visé en 2030 supposera donc, en parallèle des outils, un effort de formation que la technologie ne remplacera pas

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