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Résumé :
- Bilan historique : Selon les données d’Ember, les énergies renouvelables (solaire, éolien et hydraulique) ont généré 34 % de la production électrique mondiale en 2025, contre 33 % pour le charbon.
- Le solaire, premier vecteur de croissance : Il représente environ 80 % de l’augmentation des capacités de production projetées d’ici 2030 par l’AIE.
- Impact économique : Depuis 2010, le déploiement des EnR a permis aux pays importateurs d’économiser environ 1 300 milliards de dollars en achats de combustibles fossiles.
- Perspectives 2030 : Les projections de l’AIE prévoient que ces filières couvriront 43 % de la génération électrique mondiale d’ici la fin de la décennie.
Le charbon a constitué le socle de l’approvisionnement électrique mondial pendant plus d’un siècle. Cependant, l’année 2025 marque un point d’inflexion significatif : selon le dernier bilan du groupe de réflexion Ember, les sources renouvelables, portées par le solaire, l’éolien et l’hydraulique, ont assuré un tiers de la production électrique mondiale, devançant pour la première fois la part du charbon.
Cette évolution du mix n’est plus une projection, mais une réalité statistique mesurable. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), dans son rapport Renewables 2025, anticipe que ce dépassement devrait se confirmer entre fin 2025 et mi-2026, l’échéance précise dépendant des variations de la production hydraulique. Trois facteurs principaux soutiennent cette dynamique.
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Une compétitivité économique confirmée
La perception des énergies renouvelables comme des solutions onéreuses est aujourd’hui remise en question par l’évolution des marchés. Le photovoltaïque et l’éolien terrestre constituent désormais les options les plus compétitives pour l’installation de nouvelles infrastructures dans la quasi-totalité des régions du globe.
En Inde comme en Europe, ces filières présentent des coûts de génération inférieurs à ceux des centrales thermiques pour les nouveaux projets. Cette tendance est accentuée par une baisse continue des prix de fabrication : en Chine, le tarif des modules solaires a chuté de plus de 60 % depuis 2023.
Au-delà de l’investissement initial, les EnR protègent les économies contre la volatilité des cours des énergies fossiles. L’AIE estime que sans le déploiement des installations non hydrauliques entre 2021 et 2023, les dépenses d’importation de combustibles auraient été supérieures de plus de 500 milliards de dollars pour la seule année 2022.
Un déploiement industriel à grande échelle
Depuis 2010, le monde a mis en service environ 2 500 GW de capacités renouvelables (hors hydroélectricité). Ce changement d’échelle témoigne d’une montée en puissance industrielle sans précédent, particulièrement dans les zones cherchant à limiter leur dépendance aux ressources importées.
- La Chine concentre près de 60 % de la croissance mondiale du parc.
- L’Inde prévoit de multiplier ses installations par 2,5 d’ici 2030.
- L’Union Européenne devrait voir sa puissance installée passer de 683 GW en 2024 à plus de 1 100 GW d’ici la fin de la décennie.
Cette dynamique renforce directement la sécurité énergétique : les pays équipés auraient dû importer 45 % de charbon et de gaz supplémentaire en 2023 si ces infrastructures n’avaient pas été disponibles.
L’enjeu de l’intégration et de la stabilité des réseaux
D’ici 2030, la part du solaire et de l’éolien dans le mix électrique devrait atteindre 28 %, contre environ 14 % aujourd’hui. Cette progression rapide nécessite une adaptation profonde des réseaux.
Pour garantir la sécurité des systèmes, les investissements se tournent vers des solutions de flexibilité : stockage par batteries, pompage-turbinage (dont les additions annuelles devraient doubler d’ici 2030) et pilotage de la demande. Dans cette configuration, les sources variables deviennent une composante majeure, fonctionnant en complémentarité avec d’autres énergies décarbonées, comme l’hydraulique, la bioénergie ou le nucléaire, pour assurer l’équilibre du réseau.
Pour la première fois, les renouvelables devancent le charbon dans la hiérarchie mondiale de la production d’électricité. Ce recul relatif du charbon est désormais une réalité concrète, confirmée par les chiffres de génération.
Planification énergétique : quand nos territoires reprennent la main sur leur production
Toutefois, le chemin reste important pour atteindre l’objectif de triplement des capacités fixé lors de la COP28 (11 500 GW d’ici 2030). Le scénario principal de l’AIE projette actuellement 9 530 GW à cette échéance. La capacité des États à lever les freins financiers et à moderniser les réseaux électriques déterminera si cette transition peut s’accélérer pour réduire durablement la part des énergies fossiles dans la production mondiale.
Sources :Bilan annuel Ember (avril 2026), Rapport AIE Renewables 2025 (publié en octobre 2025).

