Canicule et grêle mettent vos panneaux solaires à l’épreuve, voici comment limiter les pertes

Cet été, la chaleur qui fait grimper vos modules à 70 degrés et les orages de grêle de plus en plus violents peuvent réduire votre production, voire endommager votre installation. Une technologie récente, les panneaux ABC d'Aïko déployés par Feedgy, promet de mieux encaisser ces deux risques. Voici ce qu'il faut vérifier, et comment le repowering protège une installation vieillissante.

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Une vague de chaleur qui fait grimper la température de vos modules à 70 degrés en pleine journée, ou un orage de grêle qui laisse des impacts sur le verre : ces deux scénarios ne sont plus des hypothèses d’école pour les propriétaires de panneaux solaires. Ils deviennent, été après été, une réalité qui peut directement rogner votre production d’électricité ou endommager votre installation, avec à la clé une facture qui peut vite grimper si le contrat d’assurance ne suit pas.

Une double menace qui s’installe chaque été

Le solaire photovoltaïque a longtemps été présenté comme la technologie de l’été par excellence. C’est de moins en moins vrai sans nuance. Selon la trajectoire de réchauffement de référence utilisée par Météo-France pour l’adaptation au changement climatique, le nombre de jours de vague de chaleur en France sera multiplié par 5 d’ici 2050 dans le scénario à +2,7 degrés retenu comme référence nationale. Une étude conjointe de l’Insee et de Météo-France précise que près de 80 % de la population française subira entre 16 et 29 journées anormalement chaudes par été d’ici cette échéance, contre moins de 16 jours sur la période 1976-2005.

Ces épisodes prolongés font grimper la température des modules bien au-delà des conditions de test standardisées à 25 degrés. Sur une toiture en plein soleil, un panneau peut facilement atteindre 65 à 70 degrés, un écart qui a un impact direct et mesurable sur la production, comme on le verra plus loin.

Le second risque, la grêle, progresse lui aussi. Tous les panneaux solaires commercialisés en Europe doivent respecter la norme internationale IEC 61215, qui impose un test de résistance mécanique à des grêlons de 25 millimètres de diamètre projetés à environ 83 km/h. C’est le seuil minimal que doit encaisser n’importe quel module vendu sur le marché. Or les épisodes de grêle les plus intenses dépassent régulièrement ce seuil de référence. D’après la fédération France Assureurs, l’année 2022 reste à ce jour la plus coûteuse pour les assureurs depuis 1999, avec près de 10 milliards d’euros de dégâts liés aux catastrophes naturelles, dont plusieurs milliards directement imputables aux épisodes de grêle et d’orages survenus entre mai et juillet. De quoi rappeler qu’un module qui ne fait que « passer » la norme minimale n’a pas forcément la marge de sécurité nécessaire face aux grêlons les plus gros.

Face à la chaleur, tous les panneaux ne se valent pas

C’est là qu’intervient un paramètre technique trop souvent ignoré des particuliers au moment de choisir leurs panneaux : le coefficient de température. Il indique de combien de pourcentage la puissance d’un module baisse pour chaque degré supplémentaire au-delà des 25 degrés de référence. Plus ce coefficient est proche de zéro, moins le panneau perd en rendement quand il chauffe.

Les panneaux ABC (All Back Contact) d’Aïko, distribués en France par Feedgy, affichent selon le fabricant un coefficient de -0,26 % par degré, l’un des plus bas du marché. Un panneau d’entrée de gamme plus ancien peut afficher un coefficient allant jusqu’à -0,45 % par degré, soit près du double.

TechnologieCoefficient de température (%/°C)Ce que cela signifie concrètement
Panneau d’entrée de gamme (ancienne génération)-0,40 à -0,45Perte de rendement marquée au-delà de 40°C
TOPCon (générique, marché)-0,29 à -0,34Bonne tenue, variable selon les fabricants
ABC (Aïko, selon Feedgy)-0,26Très bonne tenue, l’une des meilleures du marché
HJT (hétérojonction)-0,24 à -0,25Référence historique de tenue à la chaleur

Pour donner une idée concrète de l’enjeu, prenons un module qui atteint 70 degrés en pleine canicule, soit 45 degrés au-dessus du seuil de référence de 25 degrés. Un panneau au coefficient de -0,45 %/°C perd alors, à cet instant précis, environ 20 % de sa puissance nominale, contre environ 12 % pour un panneau ABC à -0,26 %/°C. C’est un écart instantané de production de près de 8 points de pourcentage, au moment précis où la demande d’électricité pour la climatisation est la plus forte.

Sur une année complète, cet écart se lisse évidemment, puisque les pics à 70 degrés ne durent que quelques heures par jour lors des épisodes les plus chauds. Des données comparatives disponibles dans la littérature technique du secteur situent l’écart de production annuelle entre technologies à faible et à fort coefficient de température plutôt entre 3 et 6 % sur une année, dans les régions les plus exposées à la chaleur. Pour une installation résidentielle de 6 kWc produisant environ 7 800 kWh par an dans le sud de la France, un écart de 4 à 5 % représente de l’ordre de 310 à 390 kWh par an, soit, sur la base d’une valorisation mixte entre autoconsommation et revente de surplus, un enjeu qui peut se chiffrer à 60 à 80 euros par an, et donc plusieurs centaines d’euros cumulés sur la durée de vie de l’installation. Ce chiffrage reste une estimation éditoriale ECOinfos construite à partir des coefficients déclarés et de données comparatives publiques, à ajuster selon la région, l’orientation et la ventilation de la toiture.

Face à la grêle, une marge de sécurité qui peut faire la différence

Sur le volet mécanique, Feedgy indique que les panneaux ABC d’Aïko sont certifiés TÜV et PVEL pour résister à des grêlons de 40 millimètres de diamètre, soit 60 % de plus que le seuil minimal imposé par la norme IEC 61215. Le fabricant les positionne au-dessus des panneaux TOPCon de dernière génération, cités par Feedgy à 35 millimètres de résistance certifiée.

RéférenceDiamètre de grêlon résisté
Norme IEC 61215 (minimum réglementaire européen)25 mm
TOPCon de dernière génération35 mm
ABC Aïko, certification TÜV/PVEL40 mm

Cette marge compte de plus en plus. Les épisodes de grêle avec des grêlons de 35 à 50 millimètres sont désormais recensés chaque été dans plusieurs régions françaises, notamment dans le Sud-Ouest et en zone méditerranéenne, largement au-delà du seuil minimal testé par la norme européenne.

Le repowering solaire, une réponse concrète pour les installations vieillissantes

Ce constat sur la robustesse des nouvelles générations de panneaux prend tout son sens pour les propriétaires d’installations plus anciennes, celles posées entre 2008 et 2015, à une époque où les modules affichaient des puissances unitaires de 200 à 250 Wc et des coefficients de température nettement moins performants qu’aujourd’hui. Après dix à quinze ans d’exploitation, une centrale peut avoir perdu une part significative de son rendement initial, entre l’usure naturelle des cellules, le vieillissement des onduleurs et une sensibilité à la chaleur bien supérieure à celle des modules récents. Ces installations sont aussi, mécaniquement, moins armées face aux grêlons plus gros que la norme minimale de l’époque de leur fabrication.

C’est précisément l’objet du repowering photovoltaïque, une opération qui consiste à remplacer les modules et, si nécessaire, l’onduleur d’une centrale existante par des équipements de dernière génération, sans changer l’implantation ni la surface au sol. Feedgy, qui accompagne ce type de projets en France, met en avant des gains de densité de puissance très importants : le fabricant indique être passé d’environ 130 Wc par mètre carré en 2012 à près du double aujourd’hui, ce qui permet, à surface de toiture identique, de produire sensiblement plus.

Pour les propriétaires sous contrat d’obligation d’achat EDF OA, le cadre réglementaire encadre strictement ce type d’intervention : le remplacement de modules est encadré par une note d’instruction EDF OA qui limite en général le remplacement à 1 % des modules par an, et 10 % sur toute la durée du contrat, sans modification de la puissance ni de l’implantation, sauf procédure spécifique. Un remplacement non déclaré peut entraîner la suspension du tarif d’achat. Avant tout projet, il est donc indispensable de faire valider la démarche auprès d’EDF OA et de s’appuyer sur un professionnel qui maîtrise ce cadre contractuel.

Pour un propriétaire qui constate une baisse de production, des impacts visibles après un orage de grêle, ou qui s’interroge simplement sur la capacité de sa centrale à tenir encore plusieurs étés de plus, un diagnostic préalable permet de savoir si l’installation est éligible au repowering et quel gain concret peut en être attendu.


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