Financer les énergies renouvelables : l’épargne citoyenne sous le regard de l’AMF

Financer la transition énergétique en France reste un sujet concret : il faut des capitaux, sur la durée, pour développer les infrastructures. Dans ce contexte, le financement participatif appliqué aux énergies renouvelables est davantage mentionné. L’idée est simple : des particuliers peuvent participer au financement de certains projets. Mais il ne s’agit pas d’une épargne sans risque. Le cadre européen (PSFP) encadre les plateformes et l’AMF rappelle les points de vigilance.

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Résumé : 

  • Pourquoi on en parle : un besoin de financement réel et une envie, pour certains, de donner du sens à une partie de leur épargne.
  • Ce qui encadre : le statut PSFP (Règlement UE 2020/1503) et la supervision de l’AMF en France.
  • Ce que ça ne change pas : la possibilité de perdre tout ou partie du capital et une liquidité souvent limitée.
  • Position ECOinfos : pas une recommandation, pas une “bonne affaire”, mais un sujet à comprendre avec méthode.

On voit parfois le financement citoyen présenté comme une passerelle “grand public” vers la transition. La réalité est plus nuancée. Ce mécanisme peut exister aux côtés d’autres sources de financement, mais il reste soumis à des règles et à des risques. L’objectif ici n’est pas de dire où investir. L’objectif, c’est de comprendre : pourquoi le sujet prend de la place, comment il est encadré, et ce que l’épargnant doit garder en tête.

Un mécanisme de financement citoyen davantage discuté

Le déploiement d’infrastructures de transition (éolien, solaire, biogaz) implique des investissements importants au départ. Dans ce paysage, le financement participatif apparaît parfois comme une option complémentaire, notamment à l’échelle locale. Il ne remplace pas les financements classiques. Il s’ajoute, quand il est utilisé, à d’autres canaux.

Pourquoi le sujet revient-il souvent ? Plusieurs explications circulent. D’abord, une partie des épargnants veut suivre plus clairement la destination de ses fonds. Ensuite, il existe une logique de proximité : participer à des projets perçus comme plus concrets, plus territoriaux. Cela ne signifie pas que le financement participatif énergies renouvelables pèse lourd dans le financement global de la transition, mais il est désormais assez visible pour être suivi de près par les acteurs publics.

PSFP et supervision de l’AMF

Pour encadrer le financement participatif, l’Union européenne a mis en place le Règlement (UE) 2020/1503, qui crée le statut de Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP). En pratique, les plateformes concernées doivent respecter des exigences communes, et obtenir un agrément pour exercer. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) supervise ces acteurs et diffuse des mises en garde à destination du grand public.

Point important : ce cadre améliore l’information et la présentation des projets, mais il ne transforme pas ces opérations en épargne sécurisée. Il existe des garde-fous, oui. Ils servent surtout à éviter que le particulier avance “à l’aveugle”.

Parmi les éléments clés attendus :

  • La fiche d’informations clés (KIIS) : un document standardisé qui résume les caractéristiques du projet et ses principaux risques.
  • Le test de connaissances : un passage destiné à vérifier la compréhension minimale du souscripteur.
  • La distinction “averti / non averti” : un classement qui vise à adapter le niveau d’information et les messages de prévention.

Comprendre les risques avant toute démarche

Même quand il finance des projets utiles, le secteur reste industriel. Et un projet industriel peut rencontrer des obstacles : technique, administratif, économique.

Dans ses mises en garde, l’AMF insiste sur plusieurs points de vigilance. Les principaux :

  • Perte partielle ou totale du capital : l’argent engagé n’est pas garanti, et peut être perdu en cas de défaillance.
  • Liquidité limitée : les fonds peuvent rester immobilisés plusieurs années, avec une sortie anticipée souvent incertaine.
  • Absence de protection du capital : rien de comparable à l’épargne réglementée.
  • Aléas de projet : retards, incidents, défauts de paiement… ces événements peuvent peser sur le déroulement et l’issue.

La méthode, côté lecteur, tient en une règle : ne pas confondre adhésion au projet et solidité du montage. L’épargne citoyenne ne devrait pas devenir un réflexe militant. Elle demande une lecture attentive de la KIIS et des documents fournis.

Le financement participatif dans les énergies renouvelables repose sur un équilibre : obligations des plateformes, contrôle public, et responsabilité individuelle. Le cadre PSFP harmonise des règles et renforce l’information disponible. L’AMF rappelle que les risques restent réels. Au final, la solidité du mécanisme dépend moins du discours “citoyen” que de la qualité des documents, de la transparence, et de la capacité de chacun à lire les risques avant de s’engager.


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