Un permis de conduire moins cher pour les voitures électriques ? La proposition de l’UFE

L'Union Française de l’Électricité (UFE) suggère la mise en place d'un permis de conduire spécifique aux véhicules électriques. Cette proposition, intégrée à un plan d'électrification des usages, vise selon l'organisation à faciliter l'accès à la mobilité décarbonée. Le projet repose sur un volume horaire réduit et une formation adaptée aux nouvelles motorisations, bien que la mesure suscite des réserves parmi les professionnels de l'apprentissage.

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Résumé : 

  • Formation : Un passage de 20 heures à 13 heures de conduite minimum préconisé par l’UFE.
  • Économie : Une réduction de la facture pour les candidats, alors que le coût moyen actuel atteint 1 800 €.
  • Modules spécifiques : Apprentissage de la recharge et de l’éco-conduite.
  • Logistique : Proposition de prêts à taux zéro pour l’équipement des auto-écoles en véhicules électriques.
  • Controverse : Une redondance pointée avec le permis boîte automatique existant.

Dans le cadre de son plan pour l’électrification des usages, l’UFE soumet la création d’une filière de formation dédiée aux véhicules électriques. Pour l’organisation, cette initiative s’inscrit dans une volonté d’accélérer la transition vers l’électromobilité. L’UFE indique que l’objectif est de proposer un accès au permis de conduire plus rapide et plus abordable pour les futurs conducteurs.

Un apprentissage sur le modèle de la boîte automatique

La proposition de l’UFE s’appuie sur les caractéristiques techniques des motorisations électriques. Dépourvus de boîte de vitesses manuelle, ces modèles simplifieraient l’apprentissage de la conduite.

Actuellement, le permis B classique impose un minimum de 20 heures de formation, tandis que le permis sur boîte automatique est fixé à 13 heures. L’UFE souhaite transposer ce format de 13 heures à la filière électrique. En se focalisant sur la motorisation électrique, l’organisation estime que le temps de formation peut être réduit sans impacter la sécurité.

Implications économiques pour les candidats et les auto-écoles

L’UFE affirme qu’une réduction du volume horaire permettrait de faire baisser le prix du permis. Alors que le coût moyen dépasse souvent les 1 800 euros d’après les chiffres des pouvoirs publics, l’association avance que cette mesure allégerait la facture finale.

Bénédicte Genthon, déléguée générale de l’UFE, a précisé à TF1 que cette piste répond au besoin de rendre le permis plus accessible. L’organisation soutient également que les véhicules électriques génèrent moins de dépenses à l’usage, un avantage économique que les auto-écoles pourraient répercuter sur leurs tarifs. Pour accompagner ce déploiement, l’UFE suggère la mise en place de prêts à taux zéro pour aider les professionnels à acquérir des véhicules électriques de formation.

Contenu de la formation : gestion de l’énergie et de la recharge

Le projet de l’UFE prévoit d’intégrer des modules de formation adaptés aux spécificités de l’électrique :

  • Gestion de l’autonomie en fonction des trajets.
  • Utilisation des infrastructures de recharge.
  • Pratique de l’éco-conduite et du freinage régénératif.

L’objectif affiché est de transmettre les réflexes liés à l’usage de l’énergie décarbonée dès les premiers kilomètres de conduite.

Limites et réactions du secteur de la formation

Le projet suscite des critiques au sein des auto-écoles. Marie Martinez, vice-présidente de l’organisation syndicale Unic, a exprimé son désaccord, rappelant que le permis boîte automatique actuel permet déjà de conduire des véhicules électriques ou thermiques sans embrayage. Elle estime que le système n’a pas besoin d’être simplifié davantage.

Certains professionnels alertent aussi sur le risque de créer une catégorie de conducteurs restreinte, alors que les véhicules thermiques occupent encore une place prépondérante dans le parc automobile.

Un débat sans calendrier de mise en œuvre

La proposition de l’UFE demeure au stade de la piste de réflexion. À ce jour, aucun calendrier n’est fixé (non précisé) et aucun arbitrage gouvernemental n’a été rendu. La faisabilité de ce permis dédié reste conditionnée aux décisions futures concernant l’évolution du cadre réglementaire de la mobilité en France.


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