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Résumé :
- Volume mondial : 17 millions de véhicules vendus en 2024, soit une hausse de plus de 25 % (Source : IEA).
- Transition européenne : Une part de marché stable autour de 20 % en 2024, avec des signes de rebond à 25 % au premier trimestre 2025 (Source : IEA).
- Domination chinoise : Les ventes de véhicules électriques y ont dépassé celles des modèles thermiques sur plusieurs mois dès l’été 2024 (Source : IEA).
- Nouveaux leaders : Le Vietnam et la Thaïlande affichent des parts de marché désormais comparables ou supérieures à la moyenne européenne (Source : Ember / IEA).
- Bilan énergétique : L’électrification a permis d’économiser environ un million de barils de pétrole par jour en 2024 (Source : IEA).
L’année 2024 marque un tournant dans la transition vers la mobilité décarbonée. Selon le rapport Global EV Outlook 2025de l’Agence internationale de l’énergie (IEA), les moteurs de la croissance se diversifient. Si l’Europe semble marquer un temps d’arrêt, cette situation contraste avec l’accélération des économies émergentes, où le véhicule électrique devient un levier de développement majeur.
Le « faux plat » européen : une phase de réglage politique et budgétaire
Dans l’Union européenne, le marché a connu une année de transition. Environ une voiture sur cinq vendue en 2024 était électrique, maintenant ainsi la part de marché de l’année précédente. Ce ralentissement s’explique par la réduction ou la suppression des aides directes, comme en Allemagne et en France. Cependant, l’IEA observe déjà un rebond au premier trimestre 2025, avec une moyenne d’une voiture sur quatre vendue en Europe.
Dans ce contexte, la Commission européenne a présenté en décembre 2024 une proposition de « paquet automobile ». Selon Connaissance des Énergies, ce texte suggère d’ajuster l’objectif 2035 vers une réduction de 90 % des émissions à l’échappement, les 10 % restants pouvant être compensés par des carburants de synthèse ou des biocarburants. Cette proposition, qui doit encore être approuvée par le Parlement et le Conseil, fait débat : si elle offre une souplesse technologique, elle est critiquée par certains experts pour le risque de complexifier les normes actuelles.
La Chine : une compétitivité-prix qui redéfinit le standard
La Chine confirme son statut de premier marché mondial avec plus de 11 millions de ventes en 2024. Pour la première fois cette année-là, les ventes mensuelles de véhicules électriques ont dépassé celles des modèles conventionnels dès juillet. Cette trajectoire est soutenue par une forte baisse des coûts de production. L’IEA souligne qu’en Chine, la compétitivité-prix de nombreux modèles électriques les rapproche désormais de la parité avec le thermique.
L’innovation y est également un moteur clé : l’essor des véhicules à prolongateurs d’autonomie (EREV) permet de répondre aux besoins de mobilité là où les réseaux de recharge sont encore en cours de renforcement.
L’essor des pays émergents : de nouveaux pôles de croissance
La croissance se déplace désormais vers les économies en développement. Selon le think-tank Ember, cité par Connaissance des Énergies, le Vietnam pourrait quasiment atteindre 40 % de part de marché dès 2025. En Thaïlande, malgré une baisse des ventes globales de 10 %, la part de l’électrique est montée à 13 % en 2024, le marché thermique ayant reculé plus fortement.
Le Mexique et le Brésil s’imposent également comme des destinations majeures pour les constructeurs, avec des volumes de ventes qui ont doublé dans de nombreux pays d’Amérique latine en 2024. Ces régions bénéficient de politiques d’incitation fiscale et d’un intérêt croissant pour la réduction de la pollution urbaine.
Les bénéfices mesurés de l’électrification
Cette mutation influe directement sur la demande d’énergies fossiles. L’IEA estime que le stock mondial de véhicules électriques a permis d’économiser plus d’un million de barils de pétrole par jour en 2024. L’exemple de la Norvège reste une référence : avec près de 88 % de ventes de modèles 100 % électriques (BEV) en 2024, le pays démontre la viabilité d’une transition quasi totale du parc automobile.
Néanmoins, le déploiement des infrastructures de recharge demeure un défi mondial. Pour l’IEA comme pour Ember, la synchronisation entre les ventes de véhicules et l’installation de bornes reste la condition essentielle pour pérenniser ce mouvement.
L’année 2025 marque une nouvelle phase pour l’industrie européenne avec le renforcement des objectifs CO2, qui devrait inciter les marques à favoriser des modèles plus abordables.Si les débats sur les « flexibilités » réglementaires occupent le devant de la scène en Europe, la tendance mondiale, elle, est portée par des facteurs structurels : compétitivité accrue des prix en Asie et enjeux de souveraineté énergétique. La trajectoire vers une mobilité décarbonée s’affirme ainsi comme un axe central de la transition énergétique globale pour les années à venir.

