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Résumé :
- 12 GWh par an : C’est le volume de biométhane injecté, correspondant à la consommation annuelle de près de 2 000 foyers (source : La Dépêche).
- Procédé WAGABOX® : Une technologie française d’épuration qui permet de rendre le gaz de décharge conforme aux spécifications d’injection dans les réseaux de gaz.
- Impact environnemental : D’après Waga Energy, le projet pourrait éviter environ 3 200 tonnes d’équivalent CO2par an en substituant du gaz renouvelable au gaz fossile importé.
Une production locale pour les besoins du territoire
Le projet est porté par la société Biogaz Monflanquin, structure associant le syndicat de traitement des déchets Valorizonet la SEM Avergies. Sur le site de l’Albié, qui traite environ 30 000 tonnes de déchets par an, l’enjeu est de valoriser l’énergie contenue dans les casiers d’enfouissement.
Concrètement, le gaz capté sur place est injecté dans le réseau de distribution de GRDF pour approvisionner Villeneuve-sur-Lot et les communes voisines. Selon La Dépêche, l’investissement de 4,5 millions d’euros a reçu le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine (dispositif Néo Terra) et de Territoire d’Énergie Lot-et-Garonne.
Interrogé par La Dépêche, Ludovic Biasotto, président de Valorizon, souligne que ce démarrage concrétise une logique d’économie circulaire en utilisant les déchets comme une ressource. Pascal de Sermet, président d’Avergies, précise que ce partenariat participe à l’autonomie énergétique du secteur tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre.
Du biogaz au biométhane : l’étape de l’épuration
Le gaz produit naturellement par la dégradation de la matière organique (le biogaz) ne peut pas être utilisé tel quel. Il contient du méthane, mais aussi d’autres composants qui le rendent incompatible avec le réseau de gaz sans une épuration préalable.
L’unité installée à Monflanquin utilise la technologie WAGABOX®, développée par l’entreprise Waga Energy. Ce système permet d’extraire les impuretés pour atteindre une qualité conforme aux exigences d’injection dans le réseau de gaz.
Cette installation fonctionne en continu. Son rôle est de récupérer une énergie fatale qui, sans ce captage, pourrait être brûlée en torchère ou partiellement émise dans l’atmosphère. Waga Energy estime que, sur ce type de site, l’injection de biométhane peut dans certains cas permettre une meilleure valorisation énergétique qu’une production électrique sur place.
Un apport concret pour le Lot-et-Garonne
Le volume annuel injecté de 12 GWh représente un apport mesurable pour le mix énergétique départemental. Cette production couvre les besoins en chauffage et eau chaude de près de 2 000 foyers sur le réseau local du Villeneuvois.
L’intérêt écologique de l’opération repose sur deux piliers : D’une part, on empêche le méthane, un gaz à fort pouvoir de réchauffement, de s’échapper du site d’enfouissement. D’autre part, le biométhane produit localement remplace du gaz naturel fossile, ce qui réduit l’empreinte carbone globale de la consommation d’énergie dans le département.
Cette production présente l’avantage d’être stable tout au long de l’année. En plus de l’usage domestique, ce gaz pourra alimenter les stations de distribution de carburant Témob (le réseau de stations bioGNV du département), une solution mentionnée par la presse locale pour décarboner les transports de marchandises et les véhicules de collectivités.
Le biométhane en France : une dynamique territoriale
L’unité de Monflanquin s’inscrit dans un déploiement national soutenu. Le tableau de bord biométhane du ministère chargé de l’Énergie (données au 31 décembre 2024) fait état de 731 installations d’injection en France, pour une capacité totale de 13,9 TWh par an.
Cette croissance (+15 % en un an) montre que les infrastructures gazières intègrent de plus en plus de ressources renouvelables produites au cœur des régions. Le projet de Monflanquin confirme cette tendance : transformer un site de gestion des déchets en un point de production énergétique dans le Lot-et-Garonne.

