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- Des gestionnaires de réseaux « bien positionnés » à l’échelle internationale
- Raccordement EnR : des délais réduits grâce aux dispositifs anticipés
- Flexibilités : mobiliser le stockage et la demande
- Open Data : une fréquentation qui a quadruplé en trois ans
- Les recommandations de la CRE pour l’horizon 2030
Résumé :
- 600 k€/MW économisés : C’est le gain identifié par le rapport 2025 de la CRE en 2024 grâce au déploiement des offres de raccordement flexibles.
- 18 GW de capacité supplémentaire : Le rapport de la CRE indique que cette puissance a pu être intégrée au réseau sans nécessiter de renforcements lourds d’infrastructures.
- 1,7 milliard d’euros de gains : Le pilotage numérique a généré cette économie globale entre 2017 et 2024 selon les calculs de la Commission.
- 2,8 GW de projets de stockage sous offres de raccordement optimisées : Selon le rapport 2025 de la CRE, un quart de la file d’attente de RTE est engagé dans ces offres.
- Fréquentation quadruplée : Le rapport de la CRE note que l’utilisation des plateformes Open Data a quadruplé en trois ans pour atteindre 38 500 visiteurs mensuels.
Dans la trajectoire vers la neutralité carbone à l’horizon 2050, les réseaux électriques intelligents (smart grids) ont quitté le champ de l’expérimentation pour être désormais déployés à l’échelle industrielle. Selon la CRE, ces technologies constituent un « levier d’optimisation » et un « atout majeur » pour le système électrique français. Dans ce contexte, la Commission présente la numérisation comme un pilier de la stratégie de décarbonation nationale, facilitant l’insertion des énergies renouvelables (EnR) et l’électrification des usages.
Des gestionnaires de réseaux « bien positionnés » à l’échelle internationale
Le rapport de la CRE souligne que les technologies numériques sont utilisées de manière industrielle à tous les niveaux des réseaux d’électricité. Cette maturité place les gestionnaires français dans une position favorable par rapport à leurs homologues. La Commission cite notamment le Smart Grid Index du Singapore Power Group, qui a classé Enedis au premier rang mondial des gestionnaires de réseaux de distribution. Cette avance technologique se traduit par des résultats financiers tangibles : la CRE estime que le pilotage numérique des réseaux a permis d’économiser 1,7 milliard d’eurossur la période 2017-2024.
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Raccordement EnR : des délais réduits grâce aux dispositifs anticipés
L’un des apports majeurs des smart grids, documenté par la CRE, concerne la fluidification des raccordements pour les producteurs d’énergies renouvelables. Le rapport note des progrès notables grâce aux « raccordements anticipés » pour les segments de consommation basse tension (supérieure à 36 kVA). Selon le rapport 2025 de la CRE, ce dispositif permet de réduire les délais d’attente de 5 ans à moins d’un an. En 2024, la Commission indique qu’environ 5 % des projets (un sur vingt) ont bénéficié de cette anticipation, représentant une puissance cumulée de 200 MW.
Parallèlement, les Offres de Raccordement Alternatives avec Modulation de Puissance (ORA-MP) montent en puissance dans les schémas de raccordement. La Commission précise que 15 parcs ont été raccordés via ce modèle en 2024, contre 5 parcs en 2023. L’avantage économique est souligné par le régulateur : ces offres ont permis d’économiser 600 k€ par MW raccordé en 2024, selon le rapport de la CRE. Le stockage d’énergie suit une dynamique similaire : un quart de la file d’attente de RTE a déjà opté pour des offres de raccordement optimisées, soit 2,8 GW selon le rapport 2025 de la CRE.
Flexibilités : mobiliser le stockage et la demande
La CRE constate que la modulation de la production EnR est désormais un outil de gestion fréquent. Ce levier a permis de dégager 18 GW de capacité d’accueil supplémentaire sans recourir à des travaux de renforcement d’infrastructure. Toutefois, le régulateur identifie des marges de progrès. Si l’écrêtement de la production est une solution efficace à court terme, la CRE préconise de mobiliser davantage le stockage et la flexibilité de la demande, dès lors que cela est économiquement pertinent.
Le rapport cite le projet Reflex d’Enedis dans la gestion des congestions locales et indique qu’il a généré 5,8 millions d’euros d’économies. Néanmoins, la Commission juge encore trop faibles les volumes de flexibilités locales contractés à ce jour par rapport aux enjeux identifiés.
Open Data : une fréquentation qui a quadruplé en trois ans
La numérisation améliore également l’observabilité du système. Le rapport 2025 met en avant l’essor de l’Open Data, avec une fréquentation des plateformes de données qui a quadruplé depuis 2021 pour atteindre 38 500 visiteurs mensuels en 2024 (selon la CRE). La Commission présente cette accessibilité des données réseau comme un appui pour les développeurs EnR et les agrégateurs de flexibilité.
Du côté des consommateurs, le déploiement des compteurs communicants atteint un stade de maturité. La CRE précise que 11 millions de points de livraison ont activé la remontée de leur courbe de charge. Selon le rapport, cette donnée permet l’émergence de nouvelles offres de fourniture adaptées, notamment pour l’autoconsommation.
Les recommandations de la CRE pour l’horizon 2030
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Pour maintenir cette trajectoire, la CRE formule plusieurs recommandations réglementaires. Elle suggère notamment de réinterroger le plafond de limitation de puissance injectée, actuellement fixé à 30 %. Selon le rapport, un assouplissement de ce cadre permettrait de libérer des capacités de raccordement supplémentaires.
Le régulateur appelle également à une accélération sur certains segments, comme la recharge des véhicules électriquesou le pilotage de la demande industrielle, où les offres innovantes sont encore jugées insuffisantes par la CRE. Enfin, le rapport souligne que la coordination entre RTE et Enedis doit s’intensifier afin de garantir une gestion conjointe des flexibilités sur l’ensemble du réseau national.Le rapport 2025 de la CRE démontre que les réseaux intelligents sont un levier d’optimisation majeur pour la transition énergétique. En accélérant le raccordement des EnR, ces technologies contribuent à l’optimisation des investissements réseau et à la maîtrise des coûts (selon la CRE). La Commission souligne enfin que la fiabilité des données et l’ouverture de nouveaux marchés de flexibilité figurent parmi les enjeux clés pour la période 2030-2050.

