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Résumé :
- Usage des capacités : Utilisation de la puissance résiduelle des points de raccordement pour injecter une production complémentaire.
- Complémentarité des profils : Une synergie entre l’éolien et le solaire, dont les gisements varient selon les cycles journaliers et saisonniers.
- Mutualisation des équipements : Partage des infrastructures électriques entre plusieurs sources pour rationaliser les investissements de raccordement.
Le développement des énergies renouvelables terrestres, où l’éolien et le solaire constituent les troisième et quatrième sources de production nationale, nécessite une adaptation du réseau. Selon la stratégie de référence de RTE (SDDR 2025, Fiche 7), environ 50 milliards d’euros d’investissements sont projetés sur 15 ans pour moderniser les infrastructures de transport. Dans ce cadre, la loi APER et les Schémas Régionaux de Raccordement (S3REnR) visent à construire un réseau optimisé et mutualisé afin d’en minimiser les coûts globaux (source : RTE).
Une gestion mutualisée pour optimiser les investissements
Le dimensionnement d’un poste de raccordement est traditionnellement calculé sur le pic de production maximal d’une seule technologie. Or, ce seuil n’est sollicité que durant une faible partie de l’année. L’hybridation permet d’allouer cette capacité technique souvent disponible à une source d’énergie secondaire. Cette approche s’inscrit dans la stratégie globale d’optimisation du réseau qui, selon RTE, a permis d’éviter environ 1,5 milliard d’euros d’investissements sur la période 2019-2025.
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Si l’hybridation permet de partager les coûts de création d’ouvrages entre plusieurs installations, des obstacles réglementaires subsistent. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) souligne la nécessité de stabiliser le cadre législatif pour lever certains freins, notamment concernant le raccordement en Haute Tension (HTA) pour les projets dépassant 17 MW, ainsi que la complexité des procédures d’autorisation (source : PV Magazine).
$Synergies techniques et enjeux de colocalisation
L’intérêt de l’hybridation repose sur la variabilité des gisements : le solaire produit exclusivement de jour, tandis que l’éolien présente souvent une production plus soutenue en hiver ou durant la nuit. Cette complémentarité peut permettre de lisser l’injection sur le réseau, bien que les effets réels sur la stabilité du système fassent encore l’objet de retours d’expérience.
PV Magazine souligne que la colocalisation des installations est essentielle pour l’efficacité de ces projets, tout en rappelant les contraintes d’espacement. Les éoliennes doivent en effet être distantes les unes des autres pour limiter les effets de sillage (perturbations aérodynamiques). Cette contrainte influence la conception des parcs et peut ouvrir des arbitrages d’implantation pour le photovoltaïque. Selon l’acteur Amplus Solar, l’éloignement entre les unités de production et la sous-station de mise en commun augmente mécaniquement les pertes en ligne. En France, le projet de Sorégies illustre une approche localisée, avec des actifs photovoltaïques (5 MWc) et éoliens (24 MW) distants d’une dizaine de kilomètres.
Pilotage numérique et gestion des congestions
L’intégration de parcs hybrides modifie la conduite du réseau. Selon RTE (SDDR 2025, Fiche 7), le gestionnaire a engagé dès 2024 le déploiement industriel d’automates de gestion des flux. Ces dispositifs régulent l’injection en temps réel pour prévenir les congestions lorsque la production cumulée des deux sources dépasse la capacité autorisée du poste de raccordement.
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Ce pilotage numérique permet d’optimiser l’usage du réseau existant dans le respect des limites de sécurité. Toutefois, ces outils ne remplacent pas les investissements structurels de long terme prévus par RTE. Enfin, l’aboutissement de tels projets dépend de facteurs humains et administratifs. L’exemple du projet Foulventour cité par RTE démontre l’importance des processus de concertation préalable du public pour parvenir à un consensus territorial, ainsi que le respect de jalons temporels rigoureux (source : RTE).
L’hybridation est mise en avant comme une piste d’optimisation pour le raccordement des énergies renouvelables en France. En cherchant à maximiser l’usage des infrastructures électriques et en s’appuyant sur de nouveaux outils de pilotage numérique, elle pourrait contribuer à une transition énergétique plus efficiente. La généralisation de ce modèle dépendra de l’évolution du cadre législatif face aux spécificités de ces montages multi-énergies.

