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Résumé :
- Technologie bifaciale : Les cellules sont conçues pour capter le rayonnement solaire sur leurs deux faces.
- Profil de production : Selon ENGIE Green, l’orientation est-ouest favorise la production lors des pics de consommation (matin et soir).
- Usage agricole : Une configuration en rangées espacées pour permettre le passage des engins et le pâturage.
- Cadre réglementaire : L’arrêté du 5 juillet 2024 fixe des obligations de suivi pour vérifier la compatibilité des projets avec l’activité agricole.
- Vigilance agronomique : L’INRAE rappelle que le maintien du rendement des cultures est une condition de réussite de ces installations.
L’arrêté du 5 juillet 2024 définit désormais les modalités de contrôle des installations agrivoltaïques en France, et s’applique aux projets dont certains peuvent intégrer des panneaux solaires verticaux. Contrairement aux centrales au sol classiques, cette variante modifie le profil de production d’électricité, avec l’objectif de mieux s’aligner sur certains moments de demande, tout en cherchant à s’intégrer dans une démarche de cohabitation avec l’exploitation des terres.
Bifacial et vertical : le pari d’une production décalée
Contrairement aux installations traditionnelles orientées plein sud pour maximiser le rendement de mi-journée, les panneaux verticaux sont alignés selon un axe nord-sud. D’après les précisions techniques d’ENGIE Green, cette disposition oriente les modules à la fois vers l’est et vers l’ouest. Grâce à l’utilisation de cellules photovoltaïques bifaciales, protégées par une plaque de verre en face arrière, le dispositif exploite le rayonnement solaire des deux côtés.
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Solaire en France : ce qu’il apporte vraiment au système électrique
Cette architecture technique déplace les pics de production. Selon l’entreprise, les rayons du soleil frappent les cellules avec un angle « idéal » ou favorable au lever et au coucher du soleil. Ce choix d’orientation est-ouest répond à une logique de complémentarité : l’entreprise indique que ces pics de production correspondent aux moments où la consommation des particuliers est la plus forte (matin et soir), ce qui peut contribuer à mieux répartir l’énergie solaireinjectée sur le réseau sur l’ensemble de la journée.
Entre les rangs : viser le maintien de la vocation agricole
L’installation se présente sous la forme de rangées espacées que le développeur qualifie de haies photovoltaïques. Ce format vertical est présenté comme une option pour limiter l’emprise au sol directe des supports. L’objectif est de permettre l’accessibilité des parcelles : l’espace entre les rangées est calculé pour laisser circuler les machines agricoles ou permettre le pâturage des animaux.
ENGIE Green précise que cette disposition est adaptée aux grandes cultures, aux cultures basses et à l’élevage bovin. La pérennité de cette cohabitation dépend toutefois d’un paramétrage précis, la priorité réglementaire demeurant la continuité de l’exploitation agricole pendant toute la durée de vie du projet.
Agrivoltaïsme : un suivi encadré par l’arrêté du 5 juillet 2024
Le texte réglementaire du 5 juillet 2024 fixe les obligations de suivi et de contrôle pour les projets agrivoltaïques. Il précise les conditions d’implantation, notamment dans les articles 8 et 9 qui excluent en principe certaines surfaces boisées ou forêts relevant du régime forestier. Le texte prévoit toutefois des possibilités d’adaptation par le préfet de département si des circonstances locales le justifient, sans porter atteinte aux zones de protection forte.
Le texte précise les modalités de suivi des installations. Selon les articles 2 et 4 de l’arrêté, les exploitants doivent fournir des rapports intégrant notamment :
- Le maintien du rendement agricole et de la qualité des récoltes.
- L’évolution des revenus issus de la production agricole.
- Les données relatives à la production énergétique.
L’article 6 précise que ces évaluations doivent être réalisées par des organismes indépendants du projet, garantissant une mesure objective des impacts sur la parcelle.
L’œil de la recherche : les conditions de compatibilité selon l’INRAE
Selon l’INRAE, un projet agrivoltaïque ne doit entraîner aucune baisse significative de la production. L’activité de production d’énergie doit rester secondaire par rapport à la vocation agricole des terres.
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Bien que l’institut identifie des effets secondaires possibles, comme la réduction de l’impact du vent (effet brise-vent) ou un ombrage partiel, il adopte une posture de prudence. Ces bénéfices ne sont pas systématiques et dépendent de la conception du projet et des spécificités climatiques locales. Pour l’INRAE, seul un suivi rigoureux des données collectées permet de valider la compatibilité réelle de la centrale solaire avec les besoins des cultures.
Défis techniques et limites du modèle vertical
Le rendement électrique global des panneaux verticaux reste dépendant de nombreux facteurs : inclinaison, température, ensoleillement local et qualité des matériaux. La topographie du site est également déterminante, car les caractéristiques du terrain influencent l’implantation des structures.Sur le plan opérationnel, la maintenance inclut des contrôles réguliers et un suivi à distance de la production pour assurer l’état des modules. En revanche, les coûts détaillés d’installation ou la fréquence exacte de nettoyage des faces verticales ne sont pas précisés dans les sources disponibles. Chaque projet nécessite donc une analyse spécifique pour vérifier si les caractéristiques du site permettent d’atteindre les objectifs de production et de transition énergétique.

