Municipales 2026 : comment les communes encadrent la planification énergétique locale

À l’approche des prochaines échéances électorales de 2026, la transition énergétique s’impose comme une thématique centrale des politiques territoriales. Entre les prérogatives de la loi APER et les besoins de concertation, les élus disposent de leviers juridiques pour structurer l'accueil des énergies renouvelables à l'échelle de leur territoire.

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Résumé : 

  • Planification : La loi APER de 2023 permet aux municipalités de définir des Zones d’Accélération (ZAER) pour identifier les secteurs préférentiels aux projets EnR.
  • Urbanisme : Le PLU ou le PLUi peut inclure des prescriptions relatives aux réseaux de chaleur et à l’insertion des installations énergétiques.
  • Gouvernance : La mairie assure une mission de dialogue entre porteurs de projets et administrés via des comités de projet encadrés.
  • Accompagnement : Des dispositifs comme le « Bilan de mon territoire » (Enedis) ou le réseau « Les Générateurs » soutiennent l’expertise technique locale.

Alors que les débats pour 2026 se précisent, le développement des énergies renouvelables (EnR) occupe une place croissante dans l’espace public local. Selon l’avocate Alexae Fournier-de Faÿ, les maires exercent une fonction clé dans le déploiement des capacités de production décentralisées.

Dans un mix électrique français où nucléaire et renouvelables coexistent pour viser la neutralité carbone à l’horizon 2050, les communes constituent les interlocuteurs directs pour l’implantation de ces infrastructures. En 2022, la part des EnR représentait 20,7 % de la consommation finale brute d’énergie en France (source : SDES, 2023), une trajectoire que les outils de planification locale accompagnent désormais.

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Loi APER et urbanisme : un cadre opérationnel précisé

La loi pour l’Accélération de la Production d’Énergies Renouvelables (loi APER), promulguée en mars 2023, détaille les compétences des collectivités en matière d’aménagement.

Les ZAER donnent la possibilité aux communes d’identifier les secteurs jugés prioritaires pour l’installation d’équipements (solaire, éolien, méthanisation).

  • Le comité de projet : Pour les dossiers d’une certaine puissance situés hors de ces zones, la loi prévoit l’organisation d’un comité de projet. Ce dispositif permet aux élus de la commune d’implantation et des localités limitrophes d’émettre des préconisations dès la phase amont des procédures d’autorisation.
  • Logique d’incitation : La mise en place de ces périmètres vise à orienter les développeurs vers des secteurs validés par les élus, en prenant en compte les spécificités du territoire.

L’urbanisme opérationnel s’adapte également. Le Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD)peut fixer des orientations générales concernant les réseaux d’énergie (gaz, électricité, chaleur), conformément à l’article L151-5 du Code de l’urbanisme.

Sous réserve de respecter le cadre réglementaire, le règlement du PLUi peut aussi prévoir des prescriptions favorisant l’insertion d’énergies renouvelables ou la performance énergétique du bâti lors de nouvelles constructions ou de rénovations d’ampleur (ex : solaire thermique ou photovoltaïque en toiture).

Concertation locale : la municipalité au contact des habitants

L’adhésion des citoyens demeure une condition nécessaire à la viabilité des projets. Si environ 75 % des Français se déclarent favorables au développement des EnR (source : Baromètre ADEME/OpinionWay, 2023), leur concrétisation mobilise un arbitrage local pour gérer les enjeux paysagers ou de voisinage.

Pour renforcer leur expertise, les élus sollicitent plusieurs appuis :

  1. Le réseau « Les Générateurs » : Ce service, soutenu par l’ADEME, apporte aux collectivités un conseil technique et juridique neutre sur les filières éoliennes et photovoltaïques dès la phase d’émergence.
  2. Les référents préfectoraux : Nommés dans chaque département, ils facilitent l’instruction des dossiers et coordonnent les services de l’État (DDTM, DREAL).

Enjeux budgétaires : vers une maîtrise des coûts de l’énergie

Le déploiement des EnR répond également à une recherche de stabilité pour les finances locales. Le secteur a généré une progression des emplois de 39 % sur la période 2011-2021 (source : ADEME, 2023).

Équiper les toitures d’écoles ou de bâtiments techniques permet aux communes de mobiliser une ressource énergétique locale. Selon les configurations techniques et le mode de gestion retenu, cette démarche peut contribuer à stabiliser une partie des dépenses de la collectivité face à la volatilité des prix de marché.

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La stratégie municipale intègre désormais l’analyse des données de réseau. L’outil « Bilan de mon territoire », développé par Enedis, propose aux élus :

  • Un « Portrait de mon territoire » : un état des lieux de la consommation et de la production locale par filière.
  • Une cartographie des capacités : elle aide à repérer les secteurs où le raccordement au réseau de distribution est plus aisé du fait des infrastructures existantes.

La loi APER a conforté la place de l’échelon communal au sein de la stratégie énergétique nationale. En 2026, la capacité des équipes municipales à s’approprier ces outils : ZAER, PLUi, comités de projet, pourrait constituer un indicateur de la trajectoire de transition choisie pour le territoire. L’insertion cohérente de ces projets représente aujourd’hui un volet des politiques publiques locales.


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