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- L’autoconsommation au CTM : transformer l’excédent solaire en carburant local
- Smart Charging : comment Lorient automatise la recharge 100 % photovoltaïque
- Flexibilité du réseau et Smart Grid : les bénéfices d’une mobilité pilotée
- Rendement et duplicabilité : quel avenir pour la recharge solaire urbaine ?
Résumé :
- Le gisement : 42 kW de puissance solaire déjà opérationnels en toiture du Centre Technique Municipal.
- L’innovation : Une commande de recharge permettant de déclencher l’alimentation lors des pics de génération photovoltaïque (notamment le week-end et entre 12h et 14h).
- Le chiffre : Une part d’autoconsommation évaluée à 25 % lors de la phase initiale de ce déploiement.
- Le partenaire : Tetradis, intégrateur de la solution de supervision des 36 bornes KEBA P30.
- La flexibilité : Un système basé sur l’excédent photovoltaïque, complété par un mode « BOOST » pour les impératifs de service.
Charger une flotte de véhicules électriques sur le réseau national sans pilotage peut accentuer la sollicitation du mix électrique lors des pointes de consommation. Pour une collectivité, l’enjeu est donc de faire coïncider les besoins de mobilité avec la disponibilité des énergies renouvelables (EnR) produites par ses propres installations.
Le projet du CTM de Lorient repose sur cette logique de synchronisation. Ici, le véhicule électrique est utilisé comme un levier de flexibilité : la recharge est préférentiellement activée lorsque la production solaire est identifiée comme excédentaire par rapport aux besoins immédiats du bâtiment.
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L’autoconsommation au CTM : transformer l’excédent solaire en carburant local
Les installations photovoltaïques municipales produisent de l’énergie de manière continue selon l’ensoleillement. Cependant, le week-end ou durant la pause méridienne, la consommation propre du bâtiment peut diminuer. Sans pilotage, cette production excédentaire est généralement réinjectée sur le réseau public.
Lorient a choisi de valoriser ce surplus au profit de sa flotte. En couplant la production aux bornes de recharge, la ville vise à ce qu’une partie de l’énergie qui aurait été exportée vers le réseau serve prioritairement à alimenter les véhicules municipaux.
La solution mise en place permet de lire les données de production des onduleurs des centrales solaires. Ces flux d’informations permettent d’identifier la présence d’un excédent : dès que la production dépasse la consommation du bâtiment, l’énergie peut être orientée vers les 36 bornes. La recharge s’adapte ainsi aux périodes de forte production solaire identifiées au CTM.
Smart Charging : comment Lorient automatise la recharge 100 % photovoltaïque
Une alimentation conditionnée à l’ensoleillement
Le pilotage de charge s’appuie sur l’identification d’une production photovoltaïque excédentaire. Dans cette configuration, le système tend à privilégier l’énergie produite à quelques mètres seulement des batteries des véhicules. Cette approche vise à maximiser l’autonomie énergétique du site et à favoriser l’usage direct de l’énergie produite sur place.
L’arbitrage entre supervision et continuité de service
Bien que le système privilégie les EnR, les contraintes du service public restent prioritaires. L’installation intègre donc une flexibilité d’usage :
- Le pilotage sur excédent : Le mode préférentiel pour maximiser l’autoconsommation.
- Le mode BOOST : Utilisable pour les urgences opérationnelles, permettant de charger les véhicules indépendamment de la production solaire disponible.
Sébastien Fleury, chargé de l’optimisation des équipements énergétiques à la ville de Lorient, confirme cette logique d’automatisation : « Le système déclenche automatiquement la recharge uniquement lorsqu’il y a du surplus solaire disponible. » Cette supervision permet ainsi d’intégrer la production solaire comme un paramètre de gestion de la flotte municipale.
Flexibilité du réseau et Smart Grid : les bénéfices d’une mobilité pilotée
En décalant préférentiellement la recharge des véhicules vers les heures de forte génération photovoltaïque, ce type d’installation peut contribuer à limiter la sollicitation du réseau public durant les périodes de tension. Si l’impact systémique doit être confirmé par des données de long terme, le principe s’inscrit dans une démarche de gestion intelligente de l’énergie (Smart Grid) à l’échelle locale.
Chaque kilowattheure produit et consommé sur place offre à la collectivité une meilleure maîtrise de ses flux énergétiques. En augmentant sa part d’autoconsommation, la commune réduit potentiellement son besoin d’achat d’énergie sur certaines plages horaires, ce qui participe à une gestion plus stable des charges liées à la mobilité.
Rendement et duplicabilité : quel avenir pour la recharge solaire urbaine ?
L’estimation actuelle représente un premier retour d’expérience. Ce taux est par nature variable : il dépend de l’usage réel des véhicules, de la saisonnalité et de l’adéquation entre les plannings de service et la météo.
L’optimisation pourrait passer par un alignement encore plus précis entre la disponibilité des véhicules et les pics de production, ce qui permettrait d’augmenter cette part d’autoconsommation sans investissement matériel supplémentaire.
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Le succès de cette installation repose sur la combinaison de toitures productives, de bornes communicantes et d’une supervision logicielle. Ces technologies sont aujourd’hui largement déployées. Le projet lorientais montre que le couplage solaire et recharge de véhicules est une solution concrète pour les collectivités souhaitant engager la décarbonation de leur flotte de manière cohérente.
Le projet du Centre Technique Municipal de Lorient illustre une approche technique pertinente : la combinaison du photovoltaïque et d’une commande de recharge intelligente. Avec 36 bornes et 42 kW installés, la ville transforme ses espaces de stationnement en acteurs de son système énergétique, montrant qu’à l’échelle d’un site, une part identifiable de la mobilité électrique peut s’appuyer sur une production solaire locale et pilotée.

