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Résumé :
- Volumes en croissance : 358 millions d’euros collectés en 2025 pour les EnR (+1,7 % sur un an).
- Dynamique territoriale : 407 initiatives financées sur l’année, soit une progression de 24 % du nombre d’opérations.
- Cadre de performance : Le rendement brut moyen s’établit à 7,7 %. Selon le baromètre annuel, aucune perte définitive n’a été enregistrée sur ce segment spécifique en 2025.
Le financement participatif constitue désormais un mécanisme complémentaire bien identifié pour le développement des énergies renouvelables en France. Ce canal permet aux particuliers d’orienter leur épargne directement vers des infrastructures de production décarbonées. En mettant plus directement en relation le capital des ménages avec le besoin de financement d’installations identifiables sur leur territoire, il favorise une implication concrète des citoyens dans les unités de production locales.
Crowdfunding et EnR : le fonctionnement des modèles citoyens
Ce mode de financement repose sur la mobilisation d’un grand nombre de contributeurs pour soutenir un projet spécifique. Dans le secteur énergétique, ce dispositif s’articule principalement autour de deux approches définies par l’ADEME.
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D’un côté, les projets à gouvernance locale offrent la possibilité aux habitants ou aux collectivités de s’impliquer comme actionnaires ou décideurs au sein de la structure porteuse. De l’autre, le financement par le prêt (ou crowdlending) permet de prêter des fonds en échange d’une rémunération sous forme d’intérêts, sans participation à la gestion opérationnelle.
En pratique, ce mécanisme permet aux particuliers de devenir partie prenante du développement énergétique local. En devenant prêteurs ou investisseurs, les citoyens choisissent de diriger leurs fonds vers des sites de production qu’ils peuvent identifier, souvent situés à proximité de leur lieu de vie.
Analyse du marché 2025 : une dynamique de collecte confirmée
Le baromètre Forvis Mazars et FranceFinTech indique que le segment des énergies renouvelables a réuni 358 millions d’euros en 2025, contre 352 millions en 2024. Cette progression s’inscrit dans une phase de reprise pour l’ensemble du marché national du crowdfunding.
Le volume de dossiers financés constitue un autre signal significatif. Avec 407 opérations bouclées en 2025, le nombre de projets progresse de 24 % en un an. Cette multiplication des initiatives suggère que ce mode de financement se diffuse plus largement sur le territoire national.
Côté filières, le solaire photovoltaïque reste prédominant avec 70 % des montants collectés. Le reste de l’enveloppe (30 %) se répartit entre l’éolien (8 %), la méthanisation (5 %) et l’hydroélectricité. Ce poids important du solaire peut s’expliquer notamment par la maturité technique de cette technologie et par des délais de développement souvent plus courts que dans d’autres filières énergétiques.
Pourquoi les porteurs de projets misent-ils sur le participatif ?
Pour les développeurs d’énergies renouvelables, l’appel à l’épargne citoyenne constitue un levier complémentaire pour consolider les plans de financement.
Au-delà de l’aspect comptable, l’ADEME observe que l’implication des riverains dès les premières phases du projet favorise une meilleure acceptabilité locale des infrastructures. En étant associés financièrement à la réussite d’un parc éolien ou solaire, les contributeurs peuvent se sentir davantage intégrés à la vie économique de leur région.
Dans certains territoires, comme en Occitanie, le soutien aux montages participatifs montre que ce modèle génère des retombées locales. En impliquant les acteurs de proximité, les initiatives de production d’énergie verte contribuent à inscrire davantage ces investissements dans l’activité économique des communes.
Rendements et sécurité : les points de vigilance pour l’investisseur
Si les indicateurs restent favorables, ce type de placement appelle à la prudence. Le rendement brut moyen de 7,7 % constaté en 2025 doit ainsi être apprécié au regard des aléas liés à tout investissement en entreprise.
Dans ce cadre, les plateformes jouent un rôle central. Ces intermédiaires sélectionnent les dossiers et évaluent la solidité des porteurs de projets. Le choix d’une structure disposant de l’agrément européen de Prestataire de Services de Financement Participatif (PSFP) constitue à ce titre un repère utile pour l’investisseur.
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Enfin, bien que le baromètre n’ait enregistré aucune perte définitive sur le segment étudié en 2025, le risque de perte en capital existe. De même, si les retards de remboursement sont restés circonscrits l’an dernier (moins de 2 % pour les retards inférieurs à 6 mois), la diversification des placements et l’analyse attentive de chaque dossier constituent des précautions classiques pour l’épargnant.
Note : Les données citées proviennent du 7e Baromètre du financement participatif (Forvis Mazars / FranceFinTech) et des analyses de l’ADEME.

