Le Royaume-Uni relance l’éolien en mer : 8,44 GW attribués d’un coup

Le gouvernement britannique a validé, le 14 janvier 2026, le septième round d'attribution (AR7) de contrats pour différence destinés à l'éolien offshore. Cette vague de projets représente une capacité globale de 8,44 GW, un volume présenté par Londres comme un record pour le pays et pour l'Europe (The Guardian). D’après les données publiées par la presse britannique, le gouvernement estime que ces futures installations devraient permettre d'alimenter 12 millions de foyers d'ici la fin de la décennie. Les prévisions officielles indiquent également que ce mécanisme doit contribuer à stabiliser les factures énergétiques face à la volatilité des prix du gaz.

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Résumé :

  • Capacité totale : 8,44 GW d’éolien en mer répartis sur huit nouveaux projets Investissement : 22 milliards de livres sterling mobilisés pour la filière (chiffres rapportés par le Guardian).
  • Acteurs majeurs : Le groupe RWE a sécurisé près de 7 GW (The Guardian ; Mer et Marine) ; SSE obtient la première phase du projet Berwick Bank (The Guardian).
  • Innovation : Deux projets d’éolien flottant ont été contractualisés pour des zones plus profondes que les parcs posés classiques (The Guardian).
  • Impact social : Londres prévoit le soutien de 7 000 emplois qualifiés (The Guardian).

L’exécutif britannique présente cette attribution comme une étape importante pour sa trajectoire énergétique. L’allocation de contrats pour 8,44 GW d’éolien offshore constitue, selon les déclarations du secrétaire à l’Énergie Ed Miliband citées par le média The Guardian, le plus gros volume jamais attribué lors d’une enchère en Grande-Bretagne. Avec ces huit nouveaux parcs, le gouvernement vise un système électrique décarboné d’ici 2030.

Financement et prix garantis : les rouages de l’enchère record

Les huit projets sélectionnés représentent un investissement global de 22 milliards de livres sterling. Ce résultat intervient après que les ministres ont doublé le budget alloué aux développeurs pour encourager la participation, à la suite d’un round d’enchères en 2023 resté infructueux. Ce soutien financier vise aussi à accompagner la création d’environ 7 000 emplois qualifiés, selon les estimations gouvernementales relayées par la presse d’outre-Manche.

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Les lauréats bénéficient de Contrats pour Différence (CfD) qui garantissent un prix fixe pour l’électricité produite. Pour les parcs éoliens posés, le tarif obtenu est de 89,49 £/MWh en Écosse, et de 91,20 £/MWh en Angleterre et au Pays de Galles. Les deux projets utilisant la technologie flottante ont reçu un tarif de 216,49 £/MWh. Bien que ces prix soient supérieurs à ceux des années précédentes et au prix moyen récent du marché de gros (environ 81 £/MWh), ils sont présentés par les autorités comme un levier de stabilité.

Londres affirme que ces investissements visent à réduire l’exposition du pays aux marchés mondiaux des énergies fossiles. Des experts sollicités par le quotidien The Guardian indiquent que le développement de l’éolien pourrait limiter le recours aux centrales à gaz et ainsi peser favorablement sur les factures énergétiques.

RWE et SSE : les leaders industriels de la Mer du Nord

L’énergéticien allemand RWE est le principal bénéficiaire de ce septième round. The Guardian et Mer et Marine confirment que le groupe a sécurisé près de 7 GW sur les 8,44 GW totaux. Ses projets incluent notamment Dogger Bank South et Norfolk Vanguard.

L’énergéticien SSE a de son côté obtenu un contrat pour la première phase de son projet Berwick Bank, au large des côtes écossaises. Ce parc devrait afficher une capacité totale de 4,1 GW à terme, bien que seule la première étape ait été validée lors de cette session AR7, selon les précisions du média britannique.

Souveraineté énergétique : l’éolien comme alternative au gaz

Le secrétaire à l’Énergie Ed Miliband a souligné que les prix garantis lors de cette enchère sont environ 40 % inférieursau coût estimé de construction et d’exploitation d’une nouvelle centrale au gaz. Pour le ministre, la production locale d’énergie propre est le choix pertinent pour stabiliser les coûts sur le long terme.

L’annonce des 7 000 emplois est suivie de près par les organisations syndicales. Le syndicat GMB a déclaré dans les colonnes du Guardian que le succès de cette opération dépendra de la capacité réelle à localiser les chaînes d’approvisionnement au Royaume-Uni. La fabrication locale des turbines et des composants reste un enjeu politique majeur.

Éolien flottant et mix électrique : préparer l’après-nucléaire

L’AR7 marque une avancée pour l’éolien flottant avec deux projets retenus. Cette technologie doit permettre d’implanter des turbines dans des zones de la Mer du Nord bien plus profondes que celles accessibles aux parcs fixés au fond marin. Le tarif plus élevé accordé à ces projets reflète les coûts spécifiques de cette filière en développement.

Ce renforcement intervient alors qu’environ la moitié des capacités nucléaires et gazières actuelles du Royaume-Uni doivent fermer d’ici 2035, d’après les rapports consultés. L’association RenewableUK précise que ces 8,44 GW sont nécessaires pour compenser ce retrait et répondre à la croissance de la demande d’électricité.

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Bien que ce volume soit historique, l’atteinte de l’objectif de 43 à 50 GW d’éolien offshore d’ici 2030 nécessitera une continuité dans l’effort. Le pays devra sécuriser environ 8 GW de capacité supplémentaire lors de la prochaine session d’attribution pour respecter sa trajectoire de décarbonation.

Note sur les sources :Les données chiffrées et citations de cet article sont attribuées aux informations publiées par le média The Guardian et Mer et Marine en janvier 2026.


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