Hydrogène renouvelable : Qair annonce une première production sur le site Hyd’Occ

Le 16 décembre 2025, l'énergéticien indépendant Qair a communiqué sur la production de la première molécule d'hydrogène renouvelable au sein de son unité Hyd’Occ, à Port-La Nouvelle. Cette étape, marquée par une transmission symbolique à l'équipage d'Energy Observer, initie une phase de montée en puissance industrielle avant une mise en service complète annoncée pour le début de l'année 2026.

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Résumé : 

  • Étape technique : Qair indique avoir validé le fonctionnement d’une première tranche de 20 MW.
  • Capacité cible : 2 700 tonnes d’hydrogène renouvelable par an pour la Phase 1 (source : Qair).
  • Énergie source : Électrolyse alimentée, selon l’énergéticien, par ses propres parcs éoliens et solaires.
  • Déploiement : Projet inscrit par Qair dans le cadre du transport européen Corridor H2.
  • Indicateur environnemental : 27 000 tonnes de CO₂ évitées par an (estimation communiquée par Qair).
  • Usage visé : Le communiqué met en avant la mobilité lourde et la décarbonation des transports.

Une montée en puissance industrielle à Port-La Nouvelle

L’annonce effectuée le 16 décembre 2025 à Port-La Nouvelle marque une étape de transition pour le projet Hyd’Occ. Après une phase de tests, l’unité de production entre en période de déploiement industriel. Selon le calendrier diffusé par Qair, la mise en service commerciale complète est prévue pour le début de l’année 2026.

L’événement a été matérialisé par la transmission symbolique de la première molécule d’hydrogène à l’équipage d’Energy Observer, navire laboratoire dédié à l’innovation énergétique. Selon le communiqué de l’entreprise, cette étape témoigne du fonctionnement opérationnel des équipements d’électrolyse et des installations industrielles du site.

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Hyd’Occ : Capacités et étapes de développement

Le projet se structure autour d’une montée en charge progressive, détaillée ainsi par l’exploitant :

  1. Phase 1 : Une puissance installée de 20 MW. Qair affiche une capacité de production de 2 700 tonnes d’hydrogène renouvelable par an, destinée en priorité aux stations locales, dont celle de Béziers.
  2. Phase 2 : Une extension est projetée pour porter la puissance totale à 40 MW, visant une production annuelle de 5 400 tonnes. Le calendrier de cette seconde phase n’est pas précisé dans la source.

Le principe de l’électrolyse de l’eau

Pour produire cet hydrogène, le site utilise un courant électrique pour décomposer les molécules d’eau. Qair affirme s’appuyer sur ses propres capacités de production éolienne et solaire pour alimenter ce procédé. L’origine de l’électricité constitue un facteur déterminant du bilan carbone de l’hydrogène obtenu.

Concernant l’impact environnemental, Qair avance que la première phase permettra d’éviter l’émission de 27 000 tonnes de CO₂ par an. La méthodologie précise de calcul de cet évitement n’est pas détaillée dans le communiqué officiel.

Logistique et intégration au projet « Corridor H2 »

La production du site Hyd’Occ est destinée à alimenter les réseaux de mobilité régionale. Selon Qair, la station de Béziers — retenue dans le cadre des appels à projets « Écosystèmes territoriaux hydrogène » de l’ADEME — devrait recevoir ses premières livraisons d’ici fin 2025.

Cette infrastructure s’inscrit dans le projet Corridor H2 Occitanie. Selon les informations communiquées par l’énergéticien, ce programme est soutenu par la Région Occitanie, la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et l’Union européenne (via le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe). L’objectif affiché est de structurer un axe de transport décarboné entre la Péninsule ibérique et le Nord de l’Europe, ciblant la mobilité lourde (camions, bus, maritime). Dans ces secteurs, la densité énergétique de l’hydrogène est présentée comme un avantage par rapport aux batteries pour les usages intensifs.

Analyse : Les défis de la filière en France

Le démarrage d’Hyd’Occ illustre les enjeux de l’hydrogène vert, secteur soutenu par les politiques publiques mais soumis à des contraintes économiques réelles.

  • Le défi de la compétitivité : Selon les rapports de l’AIE (Global Hydrogen Review 2023), le coût de l’hydrogène renouvelable demeure significativement plus élevé que celui produit par vaporeformage de gaz fossile. L’augmentation des capacités de production vise précisément à générer des économies d’échelle.
  • Structuration des usages : La viabilité économique du site dépend de la disponibilité effective d’une flotte de véhicules lourds adaptés à cette technologie.
  • Équilibre du mix énergétique : En France, où le nucléaire représente une part importante de la production électrique bas-carbone, l’hydrogène issu des énergies renouvelables se positionne comme un levier complémentaire pour décarboner les secteurs industriels et logistiques difficilement électrifiables.

Une étape vers un réseau régional

Pour les parties prenantes, cette production concrétise une stratégie territoriale. Christian Assaf, président de l’AREC Occitanie, indique dans le communiqué que la région dispose désormais d’un « réseau opérationnel » incluant la production et la distribution.

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De son côté, Jean-Sébastien Lasbouygues, Directeur Hydrogène de Qair France, présente ce résultat comme l’aboutissement de plusieurs années de coopération. Le projet Hyd’Occ est ainsi présenté comme une contribution à la stratégie européenne de transition énergétique, dont l’efficacité opérationnelle sera évaluée lors de sa mise en service commerciale complète.

Note sur les sources : Cet article repose principalement sur le communiqué de presse diffusé par Qair le 16 décembre 2025. Les données de performance environnementale et le calendrier de mise en service sont des prévisions fournies par l’industriel. Les coûts de revient et la méthodologie de calcul du CO₂ ne sont pas précisés dans la source.


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