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Résumé :
- Dépassement inédit : Au premier semestre 2024, l’éolien et le solaire ont généré 30 % de l’électricité de l’UE, contre 27 % pour les fossiles.
- Reconfiguration du mix : Selon l’analyse annuelle European Electricity Review 2025 d’Ember, l’éolien se maintient désormais au-dessus du gaz fossile, tandis que le solaire devance le charbon.
- Défi de l’intégration : Ember souligne qu’une flexibilité accrue (stockage, pilotage de la demande, réseaux) est nécessaire pour soutenir la montée en puissance de l’éolien et du solaire.
Le premier semestre 2024 a acté un croisement de courbes sans précédent. Selon une analyse d’Ember publiée le 30 juillet 2024, la production combinée de l’éolien et du solaire a atteint 30 % du mix électrique de l’UE. À l’inverse, la part des combustibles fossiles a reculé de 17 %, s’établissant à 27 %.
Cette dynamique s’est manifestée alors que la demande électrique européenne progressait de 0,7 % sur la période. Ember souligne que la croissance des renouvelables a été le « principal moteur » de cette évolution, surpassant le rebond de la demande pour remplacer la production fossile. Le charbon a ainsi chuté de 24 % et le gaz fossile de 14 %. Ember relie cette dynamique aux ajouts record de capacités installées en 2023.
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Les chiffres-clés : Des repères annuels consolidés
Au-delà du premier semestre, la reconfiguration annuelle du mix électrique européen se précise. Dans sa revue annuelle European Electricity Review 2025, Ember indique que l’éolien (17 %) se place désormais devant le gaz fossile à l’échelle de l’année, tout en restant sous le niveau de production du nucléaire. Le solaire (11 %) dépasse également la part du charbon (10 %).
En parallèle, Eurostat apporte un éclairage sur la part des énergies renouvelables dans la consommation brute d’électricité (méthodologie incluant la normalisation de l’hydraulique et de l’éolien). Cette part a progressé de 2,1 pointspar rapport à 2023. Ember souligne que cette dynamique réduit la vulnérabilité européenne aux importations : l’institut évalue à 59 milliards d’euros les coûts d’importation de combustibles fossiles évités grâce aux capacités éoliennes et solaires ajoutées depuis 2019.
Ce que ça change : L’enjeu de l’intégration opérationnelle
Au vu des parts atteintes en 2024 et du croisement observé au premier semestre, les énergies renouvelables occupent une place de plus en plus structurante dans le mix. Pour Ember, ce changement de long terme (longer term shift) rend nécessaire une évolution de l’architecture du système électrique.
L’enjeu se concentre désormais sur les besoins en « flexibilité propre ». Ember souligne qu’il est nécessaire de réunir trois conditions clés : le développement du stockage, la flexibilité de la demande et le renforcement des infrastructures de réseau. L’objectif est d’optimiser la gestion de la variabilité de la production afin de mieux intégrer ces flux renouvelables.
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Eurostat présente ces statistiques dans le contexte du Green Deal et de REPowerEU. Ember identifie les réseaux électriques comme l’un des leviers clés pour valoriser le potentiel de l’éolien et du solaire, à l’heure où ces sources reconfigurent la hiérarchie de la production électrique en Europe.La focale se déplace désormais de la seule capacité installée vers l’ingénierie de la flexibilité. La priorité consiste aujourd’hui à viser une optimisation opérationnelle heure par heure afin de valoriser pleinement chaque kilowattheure produit.

