Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Résumé :
- Suspension immédiate : Le gel concerne les permis et baux fédéraux de 5 projets majeurs dans l’Atlantique.
- Motif technique : Le Pentagone pointe des interférences radars générées par les pales et les mâts réfléchissants.
- Impact boursier : Chute de plus de 12 % pour Ørsted à Copenhague et de 5 % pour Dominion Energy à New York.
- Avertissement industriel : Dominion Energy affirme que ce blocage menace l’alimentation électrique de centres de données IA et de bases militaires.
- Contestation juridique : Les élus démocrates qualifient cette suspension d' »illégale » et de « sans fondement » dans leurs communiqués respectifs.
- Calendrier : Une période d’évaluation de 90 jours est prévue par les agences fédérales.
Le secteur de l’énergie éolienne en mer aux États-Unis traverse une zone de fortes turbulences. Le lundi 22 décembre, le département de l’Intérieur a officialisé la suspension immédiate des permis et baux fédéraux de cinq grands projets situés au large de la côte Est. Cette décision, qui s’appuie sur des préoccupations de sécurité nationale relayées par le Pentagone, marque une rupture nette avec la politique de transition énergétique menée jusqu’alors. Entre enjeux de défense et stabilité du réseau électrique, cet arbitrage administratif place les développeurs industriels face à une incertitude majeure.
Les projets et acteurs concernés par le gel
La mesure touche des investissements massifs dans l’océan Atlantique, impliquant des leaders mondiaux de l’énergie :
EnerGaïa 2026 : les sujets qui vont décider du rythme des renouvelables en France
Solaire en France : ce qu’il apporte vraiment au système électrique
- Ørsted : Le groupe danois est freiné sur ses projets Revolution Wind et Sunrise Wind, censés alimenter un million de foyers d’ici 2026.
- Dominion Energy : Son parc Coastal Virginia Offshore Wind, l’un des plus importants du pays, est également suspendu.
- Equinor : Le groupe norvégien voit les opérations gelées sur son projet Empire Wind 1.
- Avangrid et Copenhagen Infrastructure Partners (CIP) : Le projet Vineyard Wind 1 est également inclus dans la liste des suspensions.
Interférences radars : le motif de la « Sécurité Nationale »
Le département de l’Intérieur justifie cette pause par des plaintes du département de la Défense. Le mouvement des pales géantes ainsi que la structure des mâts, jugée hautement réfléchissante, créeraient des interférences avec les systèmes radars. Selon l’administration, ces perturbations compliqueraient l’identification et la localisation de menaces potentielles pour le territoire. Pour Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur, cette suspension est une « mesure de bon sens » dictée par le devoir de protection des citoyens.
Face à cet argument, la National Ocean Industries Association (NOIA) rappelle, par la voix de son président Erik Milito, que ces parcs ont déjà fait l’objet d’examens rigoureux par le Département de la Défense sous les administrations précédentes, sans qu’aucune objection n’ait été retenue à l’époque.
Conséquences sur les marchés et le réseau électrique
La réaction financière ne s’est pas fait attendre. À la Bourse de Copenhague, l’action d’Ørsted a perdu plus de 12 % en une seule séance. De son côté, Dominion Energy, dont le titre a cédé 5 % à New York, a alerté sur les risques pour la stabilité du réseau en Virginie. Le groupe précise que l’énergie produite était destinée à des infrastructures critiques, notamment des chantiers navals nucléaires et des centres de données essentiels au développement de l’intelligence artificielle.
Sur le plan politique, la gouverneure de New York, Kathy Hochul, a dénoncé une décision « sans justification crédible », affirmant que l’administration actuelle cherchait des excuses pour entraver le développement de l’énergie propre.
Un contexte de rupture énergétique
IA : les renouvelables peuvent-elles vraiment décarboner les data centers ?
Google (Alphabet) sécurise l’électricité de ses data centers : accord à 4,75 milliards
Cette décision fait écho aux positions de Donald Trump, qui a régulièrement critiqué l’éolien offshore pour ses coûts et son impact sur l’environnement côtier. Le secrétaire à l’Intérieur a accentué ce contraste en affirmant sur les réseaux sociaux qu’un seul gazoduc fournissait autant d’énergie que ces cinq parcs réunis. Cette suspension s’inscrit dans une série de mesures restrictives entamées dès l’été 2025. Selon des ONG comme l’Environmental Defense Fund, cette politique vise à favoriser les énergies fossiles et les centrales à charbon vieillissantes.
Le département de l’Intérieur a indiqué que cette pause de trois mois doit permettre d’étudier des solutions techniques pour atténuer les risques radars. Pendant ce temps, les entreprises concernées déclarent examiner toutes les options juridiques et opérationnelles disponibles. L’issue de cette période déterminera si ces projets stratégiques pourront reprendre leur construction ou s’ils feront face à un blocage définitif.

