Et si nos routes produisaient aussi de l’électricité ? L’exemple de Lubersac

Le futur contournement sud de Lubersac propose une solution encore peu répandue pour produire de l'énergie sans mobiliser de nouvelles surfaces : couvrir 3,4 kilomètres de chaussée avec des toitures solaires. En s'appuyant sur cette infrastructure déjà planifiée, le département mise sur la cohabitation des usages pour produire de l'électricité tout en maintenant la circulation routière.

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Résumé : 

  • Le concept : Une ombrière (toiture équipée de panneaux solaires) installée au-dessus d’une portion de la route départementale.
  • L’atout majeur : Produire de l’énergie en limitant la consommation de foncier supplémentaire (terres agricoles ou espaces naturels).
  • Le feu vert : Le 9 mai 2025, l’État a conclu qu’une nouvelle étude d’impact complète n’était pas requise, jugeant les mesures d’évitement prévues par l’opération suffisantes.
  • Calendrier : Ouverture de la déviation prévue en juin 2025 ; pose de la structure solaire projetée à l’horizon 2027.

L’enjeu de la transition énergétique se heurte souvent à la disponibilité du foncier. Pour éviter de mettre en concurrence la production d’énergie avec d’autres activités, le Conseil départemental de la Corrèze a choisi d’exploiter la surface de sa nouvelle voie de circulation. Sur les 3,4 km du tracé, environ 52 000 m² de panneaux solaires seront déployés.

Cette unité de production est conçue pour atteindre une puissance de 11,6 mégawatts-crête. Selon le groupement Solstyce, en charge de la réalisation, cette configuration permet de transformer une infrastructure de transport en source d’énergie renouvelable. L’objectif initial de l’aménagement, détourner les quelque 400 camions qui traversent chaque jour le centre-bourg, reste la priorité, le constructeur affirmant que la sécurité des usagers sera maintenue sous l’ouvrage.

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Ce que l’administration a examiné

L’opération a franchi une étape administrative importante en mai 2025. Après un examen « au cas par cas », la Préfecture de la Corrèze a estimé qu’au vu des éléments fournis, une nouvelle expertise environnementale globale n’était pas nécessaire. Cette décision s’explique par le fait que les ombrières se superposent à une déviation dont l’impact a déjà été analysé lors de son autorisation en 2023.

Toutefois, ce feu vert impose le respect de prescriptions précises :

  • La gestion des eaux : Les toitures solaires modifient la chute des pluies. L’ensemble prévoit des équipements spécifiques (fossés, bassins de rétention) pour diriger l’eau vers le réseau existant ou le milieu naturel, afin de maîtriser les risques de ruissellement.
  • Le paysage et le bruit : Bien que les ombrières modifient l’aspect visuel du secteur, les dossiers présentés concluent à un impact modéré. Concernant le bruit, une hausse acoustique maximale de 3 décibels est évoquée pour les habitations les plus proches, un point qui a fait l’objet d’une attention particulière lors de l’examen du dossier.
  • La faune locale : Un suivi scientifique de la biodiversité (oiseaux, chauves-souris) est prescrit sur une durée pouvant aller jusqu’à 35 ans. Ce dispositif doit permettre de vérifier, dans le temps, que l’aménagement ne crée pas d’incidence notable sur les espèces protégées.

Un modèle de production locale à confirmer

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L’investissement représente un montant de 16,1 millions d’euros pour le Département. Selon les prévisions des responsables, l’électricité produite pourrait être valorisée via différents canaux : consommation par des acteurs locaux (partage d’énergie de proximité) ou revente sur le réseau national.

Contrairement aux installations photovoltaïques classiques sur des bâtiments, cet aménagement d’envergure devra s’intégrer dans des mécanismes de commercialisation adaptés aux grandes centrales. Si la viabilité économique est projetée sur le long terme par la collectivité, elle dépendra des modalités définitives de raccordement et des tarifs de vente qui seront fixés lors de la mise en service effective.

Confirmé vs Non précisé : le point sur l’ouvrage

Ce qui est confirmé (arrêté du 09/05/25)Ce qui reste à préciser
L’implantation : Installation prévue sur l’emprise du futur contournement de Lubersac.Le rendement réel : La production annuelle effective dépendra de l’ensoleillement et de la maintenance.
Les contrôles : Suivi obligatoire de la faune et mesures de gestion des eaux pluviales.Le calendrier du chantier : Les dates précises de montage des structures au-dessus de la chaussée.
La dimension : Le dossier porte sur une surface de 5,2 hectares de panneaux.Le contrat de vente : Le mode exact de rémunération de l’électricité au moment de l’exploitation.

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