Ces parkings qui produisent de l’électricité : l’exemple du Futuroscope

Le bitume n'est plus un espace perdu. Sous l'impulsion de projets d'envergure et d'un nouveau cadre légal, les zones de stationnement deviennent des lieux de production d'énergie. Une mutation qui utilise l'existant pour capter l'énergie solaire sans consommer de nouveaux milieux naturels.

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Résumé :

  • Usage du foncier : Équiper les aires de stationnement permet de créer de l’électricité sans empiéter sur les terres agricoles ou les forêts.
  • Cas concret : Le Futuroscope a mis en service 5,3 MW d’ombrières, couvrant environ 15 % de ses besoins électriques annuels.
  • Réglementation : La loi APER introduit l’équipement obligatoire pour certains parkings extérieurs dépassant un certain seuil.
  • Service aux usagers : Ces structures protègent les véhicules et intègrent des bornes de recharge.

Longtemps réduits à de simples étendues de goudron, les parkings français entament une transformation. Alors que la recherche d’électricité décarbonée s’intensifie, ces emprises déjà imperméabilisées constituent une piste de déploiement pour le solaire. L’idée est de valoriser les milliers d’hectares de bitume actuels plutôt que d’occuper des zones naturelles.

Concrètement, vous pourriez de plus en plus souvent garer votre voiture à l’abri d’une toiture photovoltaïque, tout en profitant du temps de stationnement pour recharger vos batteries. C’est le modèle déployé par la Compagnie des Alpes sur ses sites de loisirs, à commencer par le Futuroscope.

Produire sa propre électricité au Maroc : les nouvelles règles du solaire

Valoriser des zones déjà occupées

L’intérêt des ombrières photovoltaïques réside dans leur capacité à optimiser le foncier sans créer de nouveaux besoins d’espace. Contrairement aux centrales au sol classiques, l’installation ne nécessite pas de terrain vierge.

Installer des panneaux au-dessus des véhicules ne génère pas d’artificialisation supplémentaire. Pour les acteurs de la transition, c’est une option cohérente : on ajoute une fonction de production électrique à un site dont l’usage premier (le stationnement) est conservé.

Cette approche permet de générer l’énergie à proximité immédiate des bâtiments. Un parc de loisirs, une zone commerciale ou une entreprise consomme ainsi le courant créé sur place. En favorisant ce circuit court, on limite les besoins de transport de l’énergie sur de longues distances via le réseau national.

Le projet du Futuroscope : 5,3 MW de puissance installée

Depuis janvier 2025, le parking du Futuroscope est surmonté d’une infrastructure de 5,3 MW. Ce projet est le premier d’un programme global qui concernera également Walibi Rhône-Alpes et le Parc Astérix.

Le modèle du tiers-investissement

Pour réaliser cette installation, le parc a fait appel à un partenaire spécialisé, GreenYellow. Dans ce montage, l’opérateur finance, construit et assure la maintenance des équipements sur une durée de 25 à 30 ans. Le Futuroscope s’engage en retour à acheter l’électricité produite. Ce système permet de verdir son mix énergétique sans mobiliser d’investissement initial important.

Un confort pour le visiteur

L’ombrière apporte un service concret à l’automobiliste :

  1. Protection thermique : Les voitures restent au frais en été et à l’abri des intempéries le reste de l’année.
  2. Mobilité électrique : L’installation dispose de 40 points de charge de 7 kW, permettant de refaire le plein pendant la durée de la visite.

Au Futuroscope, ce dispositif permet de couvrir environ 15 % de la consommation annuelle du parc grâce à une électricité solaire produite sur place, directement sur ses aires de stationnement.

Loi APER : un nouveau cadre pour les gestionnaires

Si le Futuroscope a pris les devants, cette configuration va se multiplier sous l’effet de la législation. La loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (loi APER) introduit désormais de nouvelles obligations pour certains parkings extérieurs.

Les sites dont la taille dépasse 1 500 m² doivent désormais intégrer des ombrières solaires ou des dispositifs équivalents. Cette réglementation s’applique aussi bien aux projets neufs qu’aux infrastructures existantes des secteurs commerciaux, industriels ou touristiques.

Cette évolution transforme la perception de ces espaces. Ce qui était une contrainte d’aménagement devient un levier pour fournir une électricité locale. Ces installations répondent aussi à la demande croissante de services de recharge pour véhicules électriques.

Solaire flottant en Polynésie : et si les panneaux protégeaient aussi les coraux ?
Dans la Vienne, une friche industrielle devient le cœur battant de la flexibilité électrique

Le déploiement observé au Futuroscope illustre une tendance qui gagne de nombreux secteurs. Zones logistiques, gares ou centres commerciaux : de nombreuses emprises bitumées deviennent des supports pour le solaire.

Le parking classique laisse progressivement la place à des infrastructures multifonctions. Ce type d’aménagement pourrait devenir courant dans les années à venir, offrant une solution pour renforcer la production locale tout en optimisant l’usage des sols urbains.


Vous aimez cet article ? Partagez !