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Résumé :
- Puissance et capacité : 200 MW / 800 MWh, soit l’équivalent de la consommation quotidienne de 96 000 ménages belges.
- Mission : Absorber les pointes de production d’énergie verte pour les restituer lors des pics de demande, limitant ainsi le recours aux centrales à gaz plus coûteuses.
- Symbole : La reconversion d’une ancienne centrale au charbon de la fin des années 1950 en un hub technologique dédié au stockage.
Près de Bruxelles, sur le site industriel de Vilvorde, le Ministre-Président flamand Matthias Diependaele a présidé la cérémonie d’ouverture de ce qu’ENGIE présente comme le plus grand parc de batteries opérationnel du pays. Cette mise en service s’inscrit dans une phase de transition active : en 2025, les énergies renouvelables ont représenté 34 % de la production électrique nationale, un chiffre atteint surtout grâce à de bonnes conditions d’ensoleillement selon le gestionnaire de réseau Elia.
Une infrastructure au service de l’équilibre du système
D’un point de vue technique, le site regroupe 320 conteneurs de batteries lithium-ion répartis sur 3,5 hectares. L’installation peut stocker 800 mégawattheures (MWh), lui permettant d’injecter 200 mégawatts (MW) de puissance en continu pendant quatre heures. Autre détail notable rapporté par la revue spécialisée PV Magazine : la deuxième portion du parc a été raccordée avec succès au réseau haute tension.
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Le calendrier de réalisation a été marqué par une accélération des travaux. Si l’annonce initiale du chantier prévoyait une finalisation en janvier 2026, l’infrastructure est entrée en exploitation avec deux mois d’avance. Ce déploiement s’est ainsi opéré en deux phases dès 2025 : une première tranche de 100 MW en septembre, suivie de la seconde en novembre. Pour sécuriser cet investissement, le projet a été sélectionné pour une rémunération de capacité et fait l’objet d’un contrat de 15 ans avec Elia.
Un régulateur temporel pour les énergies vertes
À quoi sert une telle installation à l’échelle d’un pays ? Il convient de préciser qu’une batterie ne produit pas d’électricité : elle gère le temps. Dans un système électrique moderne, la production (souvent solaire à la mi-journée) et la consommation (forte en début de soirée) sont fréquemment en décalage.
C’est ici qu’intervient la capacité d’ajustement. Plutôt que de brider les parcs éoliens ou solaires quand ils produisent plus que nécessaire, les batteries captent cet excédent. Comme l’indique l’énergéticien, l’objectif est de maintenir l’équilibre offre-demande tout en limitant la sollicitation des unités thermiques plus coûteuses lors des pointes de consommation.
Maximiser le potentiel renouvelable dans un mix diversifié
L’année 2025 a marqué un basculement en Europe : pour la première fois, la production d’origine éolienne et solaire (30 %) a dépassé celle issue des combustibles fossiles (29 %) d’après les chiffres du think tank Ember. En Belgique, la composition du mix reste plurielle : si les renouvelables progressent, le nucléaire — également opéré par ENGIE — demeure une composante majeure pesant pour environ 34 % de la production.
Dans ce panorama, le stockage pilotable devient le partenaire indispensable des énergies décarbonées. Hans Bonte, Ministre flamand de l’Énergie et du Climat, a souligné lors de l’événement l’importance d’exploiter ces ressources de manière optimale pour éviter que de l’électricité « bon marché » ne soit perdue lorsque l’offre dépasse la demande.
Un premier bilan hivernal positif
En pratique, la pertinence du projet se vérifie déjà sur le terrain. Entre son lancement partiel fin 2025 et la cérémonie du 26 janvier dernier, le parc a déjà réalisé 50 cycles complets de charge et de décharge. ENGIE précise qu’environ 40 gigawattheures (GWh) ont ainsi été stockés et réinjectés durant les semaines hivernales écoulées.
Cette performance illustre le rôle du stockage pour soulager le système. En lissant les pics, Vilvorde réduit la nécessité de démarrer des centrales à gaz au coût d’exploitation élevé, participant ainsi directement à la sécurité d’approvisionnementdu pays.
De la cendre aux ions de lithium : la métamorphose d’un site
Le choix de Vilvorde est hautement symbolique : à la fin des années 1950, ce site abritait une centrale au charbon. Aujourd’hui, il est transformé en un centre de flexibilité combinant les batteries avec une centrale au gaz de 264 MW récemment révisée. Cette synergie permet de répondre rapidement aux besoins fluctuants du système électrique.
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Pour Vincent Verbeke, CEO d’ENGIE Belgium, ce lancement officiel s’inscrit dans la stratégie « Energize2030 » du groupe, qui vise 500 MW de capacité de batteries en Belgique d’ici 2030, avec des projets déjà confirmés à Drogenbos et Kallo pour 2027. En 2026, la réussite de la transition énergétique dépend désormais autant de la capacité à piloter l’électricité qu’à la produire.
Sources et références :
- Communiqué de presse ENGIE Belgium (26/01/2026) : Inauguration du parc de batteries de Vilvorde par le Ministre-Président flamand.
- ENGIE Newsroom : Fiche technique et calendrier du projet de stockage de Vilvorde.
- Tecsol : Analyse du mix électrique belge et européen 2025 (Données Elia / Ember).
- PV Magazine : Full commissioning of the 200 MW/800 MWh BESS in Vilvoorde.

