Mis à jour le 20 février 2026
Le terme « multiservice » rassure les clients, mais il peut devenir un vrai piège côté assurance du bâtiment. Car en matière de décennale, ce n’est pas le mot qui compte, mais les activités réellement déclarées et garanties. Une ligne manquante sur l’attestation peut suffire à transformer un simple sinistre en catastrophe financière. Voici ce que vous devez absolument savoir pour être correctement couvert en assurance décennale multiservice bâtiment, sans surpayer ni vous exposer inutilement.

À QUOI SERT L’ASSURANCE DÉCENNALE EN MULTISERVICE ET QUI EST CONCERNÉ
L’assurance décennale couvre, pendant 10 ans après la réception des travaux, les dommages graves qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Elle ne concerne pas les défauts esthétiques, mais les désordres majeurs.
En multiservice, les chantiers de rénovation impliquent souvent plusieurs lots. Un problème peut venir d’une interaction entre travaux ou d’une mauvaise coordination. La décennale devient alors un filet de sécurité indispensable, à condition que toutes les activités exercées soient clairement déclarées.
Dès que vous réalisez des travaux pouvant engager votre responsabilité décennale, vous devez être assuré avant le démarrage du chantier. C’est une obligation légale et une exigence fréquente des clients.
Enfin, l’attestation doit mentionner précisément les activités garanties et la période de validité. Une attestation imprécise peut suffire à entraîner un refus de garantie.
Contactez nous pour trouver ou comparer votre assurance multiservice du bâtiment
PRIX : COMBIEN COÛTE UNE ASSURANCE DÉCENNALE MULTISERVICE BÂTIMENT
Le prix d’une décennale multiservice varie fortement. Deux entreprises “multiservices” peuvent payer du simple au triple, car leurs activités réelles ne sont pas les mêmes. Un profil orienté finitions (peinture, sols, cloisons) n’a pas le même niveau de risque assuré qu’un profil qui fait aussi toiture, étanchéité, structure, ou lots techniques lourds.
FOURCHETTES DE PRIX PAR CHIFFRE D’AFFAIRES ET NIVEAU D’ACTIVITÉ
| Chiffre d’affaires annuel | Finitions / Second œuvre léger | Multiservice élargi | Activités sensibles ou techniques |
|---|
| Jusqu’à 80 000 € | 1 000 € à 1 800 € | 1 800 € à 3 000 € | 3 000 € à 6 000 € |
| 80 000 € à 150 000 € | 1 500 € à 2 500 € | 2 500 € à 4 000 € | 4 000 € à 8 000 € |
| 150 000 € à 300 000 € | 2 000 € à 3 500 € | 3 500 € à 6 000 € | 6 000 € à 10 000 € |
| 300 000 € à 500 000 € | 3 000 € à 5 000 € | 5 000 € à 8 000 € | 8 000 € à 10 000 € |
| Plus de 500 000 € | Sur étude | Sur étude | Sur étude avec conditions renforcées |
Ces repères peuvent bouger selon votre chiffre d’affaires, votre ancienneté, la sinistralité, et les franchises.
CE QUI FAIT MONTER OU BAISSER LA PRIME
Les critères les plus impactants sont généralement :
- la liste des activités déclarées (c’est le levier numéro 1)
- le chiffre d’affaires annuel et sa répartition par activité
- l’expérience, les qualifications, les références
- l’historique de sinistres, même anciens
- la zone géographique d’intervention
- le type de clientèle (particuliers, marchés publics, promoteurs)
- les franchises choisies et les plafonds de garantie
- la part de sous traitance et la politique de contrôle des attestations
COMMENT LES ASSUREURS TARIFIENT CONCRÈTEMENT
Les assureurs appliquent généralement un taux sur le chiffre d’affaires, avec une prime minimale annuelle. En multiservice, ils demandent souvent une ventilation du CA par activité, car toutes n’ont pas le même niveau de risque.
Mais le CA ne suffit pas. Sont aussi pris en compte l’ancienneté de l’entreprise, l’expérience du dirigeant, l’historique de sinistres, la nature exacte des travaux, la part de sous-traitance, les qualifications, la zone d’intervention, les franchises et les plafonds de garantie.
LES FRAIS À PRÉVOIR AU DELÀ DE LA PRIME
Pour évaluer un budget réaliste, pensez à intégrer :
- les éventuels frais de dossier
- les coûts liés aux justificatifs demandés (attestations de formation, qualification, etc.)
- l’impact d’une franchise élevée en cas de sinistre (une prime plus basse peut coûter cher le jour où ça arrive)
COMMENT PAYER MOINS CHER SANS SE METTRE EN DANGER
Vous pouvez optimiser le prix, mais pas au détriment de la garantie.
- Déclarez exactement les activités réellement exercées, ni trop, ni pas assez. Sur déclarer peut coûter inutilement cher. Sous déclarer vous expose à un refus.
- Ventilez votre chiffre d’affaires par activité de façon cohérente et documentée.
- Augmentez la franchise avec prudence, seulement si votre trésorerie le permet.
- Évitez les activités “à risque” si vous ne les maîtrisez pas ou si elles ne sont pas stratégiques.
Je cherche un assurance multiservice du bâtiment
LE POINT CRUCIAL EN MULTISERVICE : LA DÉCLARATION D’ACTIVITÉS
La plupart des problèmes en décennale multiservice viennent d’une confusion : “je fais un peu de tout, donc je prends une décennale multiservice”. En réalité, l’assureur raisonne activité par activité.
Exemples typiques de lots souvent présents en multiservice :
- plâtrerie, cloisons, faux plafonds
- peinture, revêtements muraux
- sols souples, stratifié, carrelage
- menuiseries intérieures
- plomberie, sanitaires
- électricité
- isolation intérieure
Deux règles vous évitent 80 % des mauvaises surprises.
- Première règle : tout ce que vous faites doit être déclaré. Si vous posez du carrelage “de temps en temps”, il faut que le carrelage figure à l’attestation, sinon le jour où un dégât des eaux révèle une malfaçon de pose, l’assureur peut considérer que l’activité n’était pas garantie.
- Deuxième règle : attention aux “travaux accessoires”. Certains contrats tolèrent qu’une petite part d’un lot soit accessoire à une activité principale, mais dès qu’un lot devient significatif ou fait l’objet d’un marché séparé, il doit être déclaré comme activité à part entière.
CE QUE LA DÉCENNALE NE COUVRE PAS
Il est utile de poser les limites, car beaucoup de sinistres du quotidien ne relèvent pas de la décennale.
La décennale ne couvre généralement pas :
- les défauts purement esthétiques
- l’usure normale
- les dommages liés au manque d’entretien
- les dégâts causés pendant le chantier (souvent RC Pro)
- tout ce qui sort des activités déclarées
- certains équipements ou interventions sur existant selon les cas
C’est pour cela qu’un multiservice a presque toujours besoin d’un duo : décennale + responsabilité civile professionnelle (RC Pro). La RC Pro gère une grande partie des “incidents de chantier” qui ne sont pas des désordres décennaux.
CAS SENSIBLES EN RÉNOVATION : ÉQUIPEMENTS ET TRAVAUX SUR EXISTANT
En multiservice, vous pouvez être amené à installer ou remplacer des équipements : chauffe eau, radiateurs, VMC, parfois PAC, parfois photovoltaïque, parfois éléments de plomberie importants. Ces interventions peuvent être très encadrées par les assureurs, ou traitées différemment selon que l’équipement est considéré comme “indissociable” de l’ouvrage ou non.
La bonne pratique est simple : si vous touchez à un lot technique, faites confirmer par écrit à l’assureur que l’activité est acceptée, dans quelles limites, et avec quelles exigences (qualification, normes, documents techniques, procédés).
COMMENT CHOISIR UNE BONNE DÉCENNALE MULTISERVICE
Avant de signer, contrôlez trois éléments.
- D’abord l’attestation : les activités doivent y figurer clairement, avec une formulation compréhensible et sans ambiguïté.
- Ensuite les exclusions : elles sont parfois plus importantes que la liste des garanties. Lisez les exclusions liées aux procédés, aux travaux sur existant, aux infiltrations, aux réseaux, aux éléments techniques.
- Enfin l’articulation avec la RC Pro : demandez une vision globale. Beaucoup de professionnels se retrouvent “bien couverts en décennale” mais mal couverts sur les dommages pendant chantier, ce qui est pourtant le sinistre le plus fréquent au quotidien.
Je cherche un assurance multiservice du bâtiment
FAQ SUR L’ASSURANCE MULTISERVICE DU BÂTIMENT
Quel est le prix de l’assurance décennale multiservice bâtiment ?
Le prix dépend surtout des activités déclarées et du chiffre d’affaires. À titre de repères, un profil orienté finitions peut se situer autour de 1 000 à 3 000 euros par an, un multiservice plus large souvent autour de 2 000 à 5 000 euros par an, et des activités plus sensibles (étanchéité, toiture, lots techniques lourds) peuvent dépasser 5 000 euros par an. Les franchises, l’expérience et l’historique de sinistres peuvent faire varier fortement ces montants.
Quelle assurance est obligatoire pour un auto-entrepreneur ?
Cela dépend de l’activité. Dans le bâtiment, la décennale est obligatoire dès que vous réalisez des travaux susceptibles d’engager la responsabilité décennale. La RC Pro n’est pas toujours légalement obligatoire selon les cas, mais elle est fortement recommandée car elle couvre de nombreux dommages courants qui ne relèvent pas de la décennale.
La décennale multiservice couvre t elle tous les petits travaux de rénovation ?
Non. Elle couvre les dommages graves relevant du régime décennal, et uniquement dans le cadre des activités déclarées. Les petits incidents de chantier, les dégâts matériels immédiats, ou les interventions hors périmètre déclaré relèvent plutôt de la RC Pro ou peuvent être exclus.
Comment éviter un refus de garantie en cas de sinistre ?
Assurez vous que l’attestation liste précisément toutes vos activités réelles, vérifiez les exclusions et les limites (notamment en rénovation et sur lots techniques), conservez devis, factures et documents de réception, et faites valider par écrit les procédés ou équipements particuliers si vous sortez des cas standard.